Bonjour !
Un problème oppose visiblement mon blog à Facebook, qui ne m'autorise plus à partager mes articles sur ce réseau social. J'ai donc décidé de changer de petit nid.
Un tout nouveau site sur la thématique des voyages, imaginaires ou réels, vous attend à cette adresse : https://les-voyages-de-l-esprit.webnode.fr
Plus personnel, orné de belles photos (soit miennes, soit libres de droit), avec différentes catégories de lecture, c'est ce que vous y trouverez, et j'espère que vous l'aimerez autant que moi !
A très bientôt, donc, en ce nouvel horizon !
Changement d'adresse : tout se passe maintenant sur https://les-voyages-de-l-esprit.webnode.fr/
dimanche 24 mars 2019
mercredi 6 mars 2019
Une immense sensation de calme / Laurine Roux
Quatrième de couverture :
"Alors qu'elle vient d'enterrer sa grand-mère, une jeune fille rencontre Igor. Cet être sauvage et magnétique, presque animal, livre du poisson séché à de vieilles femmes isolées dans la montagne, ultimes témoins d'une guerre qui, cinquante ans plus tôt, ne laissa aucun homme debout - hormis les "Invisibles", parias d'un monde que traversent les plus curieuses légendes.
Au plus noir du conte, Laurine Roux dit dans ce premier roman le sublime d'une nature souveraine et le merveilleux d'une vie qu'illumine le côtoiement permanent de la mort et de l'amour."
Mon avis :
Je suis bien contente de disposer de la quatrième de couverture, car j'aurais bien du mal à résumer le contenu de ce petit roman. Je le referme songeuse... Je ne pourrais pas dire qu'il m'a déplu, mais il ne m'a pas profondément marquée non plus.
En effet, peu d'actions sont relatées, mais beaucoup de souvenirs. Je dirais même que c'est là l'essence du livre.
Je me suis aussi beaucoup interrogée sur son appartenance au genre de la fantasy. Pendant longtemps, j'ai cru lire un roman généraliste, qui m'a fait penser par certains côtés aux récits de Sylvain Tesson, et particulièrement à Dans les forêts de Sibérie, si ce n'est que les lieux auxquels il est fait référence ici n'existent pas : le lac Taïgal, Varatcha, ... De même, les personnages se nomment Igor, Grisha, Kolia, autant de noms à la consonance russe qu'on rapproche volontiers du froid sibérien dans lequel ils évoluent.
Son intérêt, ce sont justement ces légendes, ces souvenirs, transmis au coin du feu dans les cabanes par les "babas", les grands-mères. Lorsque les légendes prennent corps et sens pour les personnages, on comprend alors que l'on approche du cœur du roman : l'irruption du surnaturel n'empêche pas les horreurs de guerre ni la mort.
J'ai bien aimé la façon dont les traditions sont rapportées : traditions funéraires, de chasse, de pêche, ... Pas de poursuite, pas de gros rebondissement, un roman très contemplatif finalement : j'ai effectivement ressenti, pendant ma lecture, une "sensation de calme", un peu comme lorsque la neige tombe, lorsque l'hiver saisit la nature omniprésente.
"Alors qu'elle vient d'enterrer sa grand-mère, une jeune fille rencontre Igor. Cet être sauvage et magnétique, presque animal, livre du poisson séché à de vieilles femmes isolées dans la montagne, ultimes témoins d'une guerre qui, cinquante ans plus tôt, ne laissa aucun homme debout - hormis les "Invisibles", parias d'un monde que traversent les plus curieuses légendes.
Au plus noir du conte, Laurine Roux dit dans ce premier roman le sublime d'une nature souveraine et le merveilleux d'une vie qu'illumine le côtoiement permanent de la mort et de l'amour."
Les Éditions du Sonneur, 2018
121 pages
Mon avis :
Je suis bien contente de disposer de la quatrième de couverture, car j'aurais bien du mal à résumer le contenu de ce petit roman. Je le referme songeuse... Je ne pourrais pas dire qu'il m'a déplu, mais il ne m'a pas profondément marquée non plus.
En effet, peu d'actions sont relatées, mais beaucoup de souvenirs. Je dirais même que c'est là l'essence du livre.
Je me suis aussi beaucoup interrogée sur son appartenance au genre de la fantasy. Pendant longtemps, j'ai cru lire un roman généraliste, qui m'a fait penser par certains côtés aux récits de Sylvain Tesson, et particulièrement à Dans les forêts de Sibérie, si ce n'est que les lieux auxquels il est fait référence ici n'existent pas : le lac Taïgal, Varatcha, ... De même, les personnages se nomment Igor, Grisha, Kolia, autant de noms à la consonance russe qu'on rapproche volontiers du froid sibérien dans lequel ils évoluent.
Son intérêt, ce sont justement ces légendes, ces souvenirs, transmis au coin du feu dans les cabanes par les "babas", les grands-mères. Lorsque les légendes prennent corps et sens pour les personnages, on comprend alors que l'on approche du cœur du roman : l'irruption du surnaturel n'empêche pas les horreurs de guerre ni la mort.
J'ai bien aimé la façon dont les traditions sont rapportées : traditions funéraires, de chasse, de pêche, ... Pas de poursuite, pas de gros rebondissement, un roman très contemplatif finalement : j'ai effectivement ressenti, pendant ma lecture, une "sensation de calme", un peu comme lorsque la neige tombe, lorsque l'hiver saisit la nature omniprésente.
mercredi 27 février 2019
Comment le dire à la Nuit / Vincent Tassy
Quatrième de couverture :
"La dame en noir vivait seule dans son château. Elle ne pouvait pas mourir. De tout ce temps qu'elle avait, elle ne faisait rien. Et puis un jour, elle trouva sur son chemin le garçon aux cheveux blancs. Elle l'enleva. Elle voulait vivre une histoire. Une histoire d'amour et de nuit qui traverserait les siècles."
Mon avis :
Voici ma première lecture en lice pour le Prix Imaginales des Bibliothécaires ! Et en voilà déjà une qui me donne du fil à retordre... Je termine ma lecture en restant perplexe. Je ne sais pas trop quoi penser.
Tout commençait bien pourtant : la plume est atypique. L'écriture se fait par petites touches, comme une peinture. Des bribes de phrases un peu partout donnent au texte une allure très poétique. Tout comme l'histoire : nous suivons quatre personnages, par fragments de vie, à différentes époques, sans que rien ne semble les rapprocher. Petit à petit, d'autres personnages s'affirment autour d'eux, prennent de la place, mais surtout, font le lien entre eux. Les histoires finissent par se croiser, et j'avais hâte de pouvoir démêler le tout.
Malheureusement, c'est aussi ce qui m'a lassée, vers le milieu du livre et jusqu'à la fin. À plusieurs reprises, j'avais l'impression de ne rien comprendre. C'est toutefois justifié par la folie qui semble gagner peu à peu les personnages.
Ce qui ressort du livre, c'est une esthétique très gothique, sombre et mélancolique. Mais quant à l'histoire, je ne saurais être capable de me prononcer. C'est une histoire de vampires un peu trop diaphane. Il y a de l'amour, de l'amour destructeur, de la douleur, qui dévorent les personnages, mais auxquels je suis restée assez peu sensible. J'avais l'impression que l'auteur avait son idée, bien définie, mais que je n'ai pas réussi à entrer dans sa tête et qu'il ne m'aidait pas beaucoup à y parvenir.
En résumé, c'est un beau texte, un peu onirique, un peu fou, mais qui ne m'a pas entièrement séduite en dehors de quelques passages qui se sont démarqués du tout, où l'action était plus présente, plus au cœur du récit (l'histoire d'Egmont et Léopold, ainsi que celle de Rachel et Cléopâtre).
Concernant l'ensemble du texte, soit je suis passée à côté et je n'ai pas du tout compris où l'auteur voulait en venir, soit j'ai cherché trop de sens là où il n'y avait que sensations.
Dommage... Les autres lecteurs y trouveront peut-être plus de plaisir que je n'en ai pris.
"La dame en noir vivait seule dans son château. Elle ne pouvait pas mourir. De tout ce temps qu'elle avait, elle ne faisait rien. Et puis un jour, elle trouva sur son chemin le garçon aux cheveux blancs. Elle l'enleva. Elle voulait vivre une histoire. Une histoire d'amour et de nuit qui traverserait les siècles."
Éditions du Chat Noir, 2018
Illustration de couverture : Délicate Distorsion
335 pages
Mon avis :
Voici ma première lecture en lice pour le Prix Imaginales des Bibliothécaires ! Et en voilà déjà une qui me donne du fil à retordre... Je termine ma lecture en restant perplexe. Je ne sais pas trop quoi penser.
Tout commençait bien pourtant : la plume est atypique. L'écriture se fait par petites touches, comme une peinture. Des bribes de phrases un peu partout donnent au texte une allure très poétique. Tout comme l'histoire : nous suivons quatre personnages, par fragments de vie, à différentes époques, sans que rien ne semble les rapprocher. Petit à petit, d'autres personnages s'affirment autour d'eux, prennent de la place, mais surtout, font le lien entre eux. Les histoires finissent par se croiser, et j'avais hâte de pouvoir démêler le tout.
Malheureusement, c'est aussi ce qui m'a lassée, vers le milieu du livre et jusqu'à la fin. À plusieurs reprises, j'avais l'impression de ne rien comprendre. C'est toutefois justifié par la folie qui semble gagner peu à peu les personnages.
Ce qui ressort du livre, c'est une esthétique très gothique, sombre et mélancolique. Mais quant à l'histoire, je ne saurais être capable de me prononcer. C'est une histoire de vampires un peu trop diaphane. Il y a de l'amour, de l'amour destructeur, de la douleur, qui dévorent les personnages, mais auxquels je suis restée assez peu sensible. J'avais l'impression que l'auteur avait son idée, bien définie, mais que je n'ai pas réussi à entrer dans sa tête et qu'il ne m'aidait pas beaucoup à y parvenir.
En résumé, c'est un beau texte, un peu onirique, un peu fou, mais qui ne m'a pas entièrement séduite en dehors de quelques passages qui se sont démarqués du tout, où l'action était plus présente, plus au cœur du récit (l'histoire d'Egmont et Léopold, ainsi que celle de Rachel et Cléopâtre).
Concernant l'ensemble du texte, soit je suis passée à côté et je n'ai pas du tout compris où l'auteur voulait en venir, soit j'ai cherché trop de sens là où il n'y avait que sensations.
Dommage... Les autres lecteurs y trouveront peut-être plus de plaisir que je n'en ai pris.
dimanche 24 février 2019
Prix Imaginales des Bibliothécaires
Grande nouvelle ! Cette année, j'ai la chance, l'immense chance, de faire partie du jury (indirectement, mais tout de même ! Je m'en explique plus loin) du Prix Imaginales des Bibliothécaires.
Les Imaginales, c'est un festival créé en 2002, consacré à la fantasy, qui se déroule tous les ans au printemps à Épinal. Je n'y suis jamais allée (pour incompatibilité de dates), mais c'est un projet que j'aimerais réaliser. J'ai beaucoup d'admiration pour les auteurs primés tous les ans ; disons que je me fie bien souvent à cette distinction pour choisir mes lectures, car je sais qu'elles seront de qualité. Preuve en est, la plupart de mes coups de cœur en imaginaire en sont issus : Jean-Philippe Jaworski, Manon Fargetton, Pierre Pevel, et autres grands noms du milieu (auteurs, illustrateurs, traducteurs), comme Estelle Faye, Gabriel Katz, Pierre Bordage, Vincent Ferré, Amandine Labarre, Krystal Camprubi, ...
Alors, quand Dorothée, bibliothécaire à la Médiathèque de Roubaix, m'a proposé d'intégrer son comité de lecteurs pour diversifier les avis avant le vote, j'ai accepté sans hésiter ! C'est pour moi une véritable joie car, si je suis également bibliothécaire, j'exerce en milieu universitaire, et la littérature me manque souvent.
Mais revenons à l'essentiel.
Voici les différents titres en lice pour ce Prix :
Les Imaginales, c'est un festival créé en 2002, consacré à la fantasy, qui se déroule tous les ans au printemps à Épinal. Je n'y suis jamais allée (pour incompatibilité de dates), mais c'est un projet que j'aimerais réaliser. J'ai beaucoup d'admiration pour les auteurs primés tous les ans ; disons que je me fie bien souvent à cette distinction pour choisir mes lectures, car je sais qu'elles seront de qualité. Preuve en est, la plupart de mes coups de cœur en imaginaire en sont issus : Jean-Philippe Jaworski, Manon Fargetton, Pierre Pevel, et autres grands noms du milieu (auteurs, illustrateurs, traducteurs), comme Estelle Faye, Gabriel Katz, Pierre Bordage, Vincent Ferré, Amandine Labarre, Krystal Camprubi, ...
Alors, quand Dorothée, bibliothécaire à la Médiathèque de Roubaix, m'a proposé d'intégrer son comité de lecteurs pour diversifier les avis avant le vote, j'ai accepté sans hésiter ! C'est pour moi une véritable joie car, si je suis également bibliothécaire, j'exerce en milieu universitaire, et la littérature me manque souvent.
Mais revenons à l'essentiel.
Voici les différents titres en lice pour ce Prix :
- Paul BEORN, Calame tome 1, Les Deux visages, Bragelonne
- Patrick K. DEWDNEY, L’Enfant de poussière, Au Diable vauvert
- Camille LEBOULANGER, Malboire, L’Atalante
- Laurine ROUX, Une Immense sensation de calme, Éditions du Sonneur
- Vincent TASSY, Comment le dire à la nuit, Éditions du Chat Noir
mardi 5 février 2019
Un voyageur en Terre du Milieu : mon carnet de croquis de Cul-de-Sac au Mordor / John Howe
Quatrième de couverture :
"Elle a été cartographiée, schématisée, les voyages de Bilbo et Frodo, décortiqués, tracés à la règle. Pourtant, la Terre du Milieu demeure un espace sauvage. Pour chacune des routes où J.R.R. Tolkien nous a emportés, il existe mille chemins encore inexplorés.
Un voyageur en Terre du Milieu, c'est une excursion à travers le monde de Tolkien qui permet non seulement de visiter les lieux au centre de ses histoires, mais d'explorer ceux qui s'étendent par-delà la colline ou au-delà de notre horizon. Nous découvrons des batailles d'un autre âge, devenu quasi légendaire à l'époque du Seigneur des Anneaux, des royaumes perdus et des mythes anciens, et tous ces endroits qui ne sont jamais qu'entrevus : de lointains domaines du Nord et des terres au-delà des mers.
Des dessins d'allure spontanée côtoient les réflexions de l'artiste au contact des livres de Tolkien : ici, le dessinateur pose un temps ses crayons afin de peindre en mots les êtres et les paysages qui l'ont inspiré. Il revient également sur son expérience des plateaux de tournage aux côtés de Peter Jackson, réalisateur de la trilogie du Seigneur des Anneaux et de celle du Hobbit. Réunissant l'oeuvre conceptuelle produite pour le cinéma, l'art tolkienien qui l'a fait connaître, et des dizaines de nouvelles peintures et esquisses exclusives à cet ouvrage, Un voyageur en Terre du Milieu raconte le périple singulier d'un artiste à travers le paysage merveilleux de l'oeuvre-monde de Tolkien."
Mon avis :
Je ne surprendrai personne : ce livre est un petit bijou. J'ai vraiment adoré ! John Howe nous émerveille par les nombreux dessins qui illustrent ce livre. Mais il nous fait également rêver par ses mots, venant décrire, préciser, approfondir chaque région ou personnage présenté.
La majorité des dessins est en noir et blanc, ce qui ajoute au côté croquis bruts, tout juste crayonnés ; on a l'impression d'être tout proche de John Howe, l'écoutant nous expliquer ce qu'il dessine. C'est merveilleux !
On reconnaît bien là l'une des pattes qui a travaillé sur les films de Peter Jackson. À propos des films, John Howe nous livre en postface quelques anecdotes passionnantes à propos des tournages ou de la conception des décors, avec humour et sincérité.
Les dessins sont regroupés par chapitres thématiques : les forêts, les cités, les dragons, les batailles, etc. J'ai particulièrement apprécié le fait qu'il ne se tienne pas uniquement aux endroits connus, mais explore également par exemple le Nord et le royaume d'Angmar, l'Est et la mer de Rhûn, et s'attarde aussi bien sur des personnages et des peuples peu connus, que sur ceux que nous connaissons bien comme les Hobbits et leur Comté.
J'ai tellement aimé lire ce livre que j'ai replongé : je relis actuellement Le Seigneur des Anneaux, nouvelle traduction.
C'est tout à fait le genre de livre-bijou qui peut se picorer par petits bouts piochés au hasard, comme se savourer par une lecture consciencieuse. Une acquisition précieuse que je recommande !
"Elle a été cartographiée, schématisée, les voyages de Bilbo et Frodo, décortiqués, tracés à la règle. Pourtant, la Terre du Milieu demeure un espace sauvage. Pour chacune des routes où J.R.R. Tolkien nous a emportés, il existe mille chemins encore inexplorés.
Un voyageur en Terre du Milieu, c'est une excursion à travers le monde de Tolkien qui permet non seulement de visiter les lieux au centre de ses histoires, mais d'explorer ceux qui s'étendent par-delà la colline ou au-delà de notre horizon. Nous découvrons des batailles d'un autre âge, devenu quasi légendaire à l'époque du Seigneur des Anneaux, des royaumes perdus et des mythes anciens, et tous ces endroits qui ne sont jamais qu'entrevus : de lointains domaines du Nord et des terres au-delà des mers.
Des dessins d'allure spontanée côtoient les réflexions de l'artiste au contact des livres de Tolkien : ici, le dessinateur pose un temps ses crayons afin de peindre en mots les êtres et les paysages qui l'ont inspiré. Il revient également sur son expérience des plateaux de tournage aux côtés de Peter Jackson, réalisateur de la trilogie du Seigneur des Anneaux et de celle du Hobbit. Réunissant l'oeuvre conceptuelle produite pour le cinéma, l'art tolkienien qui l'a fait connaître, et des dizaines de nouvelles peintures et esquisses exclusives à cet ouvrage, Un voyageur en Terre du Milieu raconte le périple singulier d'un artiste à travers le paysage merveilleux de l'oeuvre-monde de Tolkien."
Christian Bourgois Éditeur, 2018
Traduit de l'anglais par Daniel Lauzon
198 pages
Mon avis :
Je ne surprendrai personne : ce livre est un petit bijou. J'ai vraiment adoré ! John Howe nous émerveille par les nombreux dessins qui illustrent ce livre. Mais il nous fait également rêver par ses mots, venant décrire, préciser, approfondir chaque région ou personnage présenté.
La majorité des dessins est en noir et blanc, ce qui ajoute au côté croquis bruts, tout juste crayonnés ; on a l'impression d'être tout proche de John Howe, l'écoutant nous expliquer ce qu'il dessine. C'est merveilleux !
On reconnaît bien là l'une des pattes qui a travaillé sur les films de Peter Jackson. À propos des films, John Howe nous livre en postface quelques anecdotes passionnantes à propos des tournages ou de la conception des décors, avec humour et sincérité.
Les dessins sont regroupés par chapitres thématiques : les forêts, les cités, les dragons, les batailles, etc. J'ai particulièrement apprécié le fait qu'il ne se tienne pas uniquement aux endroits connus, mais explore également par exemple le Nord et le royaume d'Angmar, l'Est et la mer de Rhûn, et s'attarde aussi bien sur des personnages et des peuples peu connus, que sur ceux que nous connaissons bien comme les Hobbits et leur Comté.
J'ai tellement aimé lire ce livre que j'ai replongé : je relis actuellement Le Seigneur des Anneaux, nouvelle traduction.
C'est tout à fait le genre de livre-bijou qui peut se picorer par petits bouts piochés au hasard, comme se savourer par une lecture consciencieuse. Une acquisition précieuse que je recommande !
"Aller... et retour. Et tout ce qui vient entre les deux et reste, bien entendu, la meilleure partie du voyage." -John Howe-
mercredi 30 janvier 2019
L'Héritage des Rois-Passeurs / Manon Fargetton
Quatrième de couverture :
"Ombre et Rive sont deux reflets d'une même réalité, et Énora est la seule à avoir le pouvoir de passer de l'un à l'autre. Lorsque sa famille est brutalement décimée par des assassins, elle se réfugie au seul endroit où ses poursuivants ne peuvent l'atteindre : au royaume d'Ombre, sur la terre de ses ancêtres. Là, sa route croisera celle de Ravenn, princesse rebelle de retour d'exil et bien décidée à s'emparer du trône qui lui revient de droit. Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ?"
Mon avis :
J'ai vraiment été emballée dès le début de cette lecture. Le contact avec la sympathique famille d'Énora est si bien rendu que j'en ai oublié l'élément déclencheur de toute l'histoire. Je me suis laissée surprendre par ce passage de massacre, j'en ai été dégoûtée et j'en ai eu les larmes aux yeux, signe de l'intensité avec laquelle l'événement est relaté. Une fois le choc passé, je me suis laissée embarquer dans le reflet de notre monde, et là encore, j'ai rêvé.
Tout commençait bien, donc. Cependant, j'ai malheureusement connu un petit passage à vide vers le milieu du roman. Rien de grave, j'ai juste été perdue par certaines descriptions du processus magique dans ce monde, et du tournant que prend l'aventure. Le plus important étant que j'ai finalement retrouvé le souffle épique qui permet de finir l'aventure. En revanche, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages principaux. Je pense aussi que toutes ces remarquse sont dues à une réflexion que je me suis faite au cours de ma lecture. Son récit m'a fait penser par certains côtés à mes écrits de jeunesse, et je pense que je n'aurais pas tourné l'histoire comme elle l'a fait. Le petite baisse d'enthousiasme peut peut-être venir de là.
Quoiqu'il en soit, c'était passager, et ce roman annonce le meilleur pour le deuxième opus, Les illusions de Sav-Loar, une plongée dans l'univers des magiciennes, seulement évoqué dans L'héritage des rois-passeurs.
J'ai beaucoup aimé découvrir la plume de Manon Fargetton, dont je n'avais qu'entendu parler avant cette lecture. J'ai eu le plaisir de la rencontrer aux Halliennales 2018 (https://www.halliennales.com/), et j'ai découvert une jeune femme pleine de gentillesse et d'attentions envers ses lecteurs. Lors de cette rencontre, elle m'a aussi dit quelque chose de très vrai concernant nos lectures, une vision des choses que je partage entièrement : les lectures que l'on fait arrivent au bon moment. Aussi, ne désespérons pas devant l'ampleur de nos piles de livres : nous lisons les livres au bon moment. Ceux que nous n'arrivons pas à lire, nous ne devions peut-être pas les lire :-)
"Ombre et Rive sont deux reflets d'une même réalité, et Énora est la seule à avoir le pouvoir de passer de l'un à l'autre. Lorsque sa famille est brutalement décimée par des assassins, elle se réfugie au seul endroit où ses poursuivants ne peuvent l'atteindre : au royaume d'Ombre, sur la terre de ses ancêtres. Là, sa route croisera celle de Ravenn, princesse rebelle de retour d'exil et bien décidée à s'emparer du trône qui lui revient de droit. Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ?"
Éditions Milady, 2016
472 pages
Mon avis :
J'ai vraiment été emballée dès le début de cette lecture. Le contact avec la sympathique famille d'Énora est si bien rendu que j'en ai oublié l'élément déclencheur de toute l'histoire. Je me suis laissée surprendre par ce passage de massacre, j'en ai été dégoûtée et j'en ai eu les larmes aux yeux, signe de l'intensité avec laquelle l'événement est relaté. Une fois le choc passé, je me suis laissée embarquer dans le reflet de notre monde, et là encore, j'ai rêvé.
Tout commençait bien, donc. Cependant, j'ai malheureusement connu un petit passage à vide vers le milieu du roman. Rien de grave, j'ai juste été perdue par certaines descriptions du processus magique dans ce monde, et du tournant que prend l'aventure. Le plus important étant que j'ai finalement retrouvé le souffle épique qui permet de finir l'aventure. En revanche, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages principaux. Je pense aussi que toutes ces remarquse sont dues à une réflexion que je me suis faite au cours de ma lecture. Son récit m'a fait penser par certains côtés à mes écrits de jeunesse, et je pense que je n'aurais pas tourné l'histoire comme elle l'a fait. Le petite baisse d'enthousiasme peut peut-être venir de là.
Quoiqu'il en soit, c'était passager, et ce roman annonce le meilleur pour le deuxième opus, Les illusions de Sav-Loar, une plongée dans l'univers des magiciennes, seulement évoqué dans L'héritage des rois-passeurs.
J'ai beaucoup aimé découvrir la plume de Manon Fargetton, dont je n'avais qu'entendu parler avant cette lecture. J'ai eu le plaisir de la rencontrer aux Halliennales 2018 (https://www.halliennales.com/), et j'ai découvert une jeune femme pleine de gentillesse et d'attentions envers ses lecteurs. Lors de cette rencontre, elle m'a aussi dit quelque chose de très vrai concernant nos lectures, une vision des choses que je partage entièrement : les lectures que l'on fait arrivent au bon moment. Aussi, ne désespérons pas devant l'ampleur de nos piles de livres : nous lisons les livres au bon moment. Ceux que nous n'arrivons pas à lire, nous ne devions peut-être pas les lire :-)
lundi 7 janvier 2019
Jane Eyre / Charlotte Brontë
Quatrième de couverture :
"Entrée comme gouvernante au manoir de Thornfield, Jane Eyre, orpheline sans beauté ni fortune, est irrésistiblement attirée par le maître des lieux, Edward Rochester. Ce ténébreux seigneur s'éprend à son tour de la jeune fille, dont la force de caractère le subjugue. Mais, lorsque les deux amants envisagent de se marier, Jane découvre le terrible secret de Rochester : leur union se voit compromise...
Retraçant le destin hors norme d'une femme qui, au cœur de l'Angleterre victorienne, s'arroge le droit d'aimer son maître, Jane Eyre connut, lors de sa parution en 1847, un succès sans précédent. Bouleversant, ravissant, scandaleux, le défi lancé à la société par ce personnage aussi intègre qu'audacieux, dont l'histoire nous rappelle que rien dans la vie n'est jamais joué d'avance, a séduit des générations de lecteurs : "Relu une partie de Jane Eyre, simplement pour ne pas oublier ce que c'est qu'un grand roman" (Julien Green)."
Mon avis :
Eh non ! Encore un classique que je n'avais pas lu ! Et, chose incroyable, que je n'ai pas vu non plus. Les occasions manquent parfois. J'ai donc découvert toute l'histoire à la lecture de ce roman. Et ce fut un pur régal !
Tout est parfait, j'ai tout adoré dans ce roman. Les personnages sont véritablement développés, Charlotte Brontë prend le temps de la description sans toutefois être assommante, et l'ambiance est exquise, avec son manoir recelant une juste dose de mystère, et sa campagne typiquement anglaise : tout ce dont j'avais besoin en cette période de l'année.
Les adresses de la narratrice au lecteur sont très appréciables et donnent un réalisme supplémentaire au récit.
Le bémol à mes yeux serait l'approche de la fin où la question religieuse prend un peu trop de place. J'ai lu ce passage assez rapidement et sans vraiment le savourer. Mais quant au reste, je me suis régalée, également quand le roman prend une tournure plus sombre avec la révélation du secret de Mr Rochester.
Nul besoin de m'attarder : j'ai passé un très bon moment de lecture avec ce classique qui n'usurpe pas sa réputation de grand roman. Au programme maintenant : visionner les adaptations filmiques !
"Entrée comme gouvernante au manoir de Thornfield, Jane Eyre, orpheline sans beauté ni fortune, est irrésistiblement attirée par le maître des lieux, Edward Rochester. Ce ténébreux seigneur s'éprend à son tour de la jeune fille, dont la force de caractère le subjugue. Mais, lorsque les deux amants envisagent de se marier, Jane découvre le terrible secret de Rochester : leur union se voit compromise...
Retraçant le destin hors norme d'une femme qui, au cœur de l'Angleterre victorienne, s'arroge le droit d'aimer son maître, Jane Eyre connut, lors de sa parution en 1847, un succès sans précédent. Bouleversant, ravissant, scandaleux, le défi lancé à la société par ce personnage aussi intègre qu'audacieux, dont l'histoire nous rappelle que rien dans la vie n'est jamais joué d'avance, a séduit des générations de lecteurs : "Relu une partie de Jane Eyre, simplement pour ne pas oublier ce que c'est qu'un grand roman" (Julien Green)."
GF Flammarion
Traduction par Marion Gilbert et Madeleine Duvivier
Présentation, chronologie et bibliographie par Diane de Margerie
475 pages
Mon avis :
Eh non ! Encore un classique que je n'avais pas lu ! Et, chose incroyable, que je n'ai pas vu non plus. Les occasions manquent parfois. J'ai donc découvert toute l'histoire à la lecture de ce roman. Et ce fut un pur régal !
Tout est parfait, j'ai tout adoré dans ce roman. Les personnages sont véritablement développés, Charlotte Brontë prend le temps de la description sans toutefois être assommante, et l'ambiance est exquise, avec son manoir recelant une juste dose de mystère, et sa campagne typiquement anglaise : tout ce dont j'avais besoin en cette période de l'année.
Les adresses de la narratrice au lecteur sont très appréciables et donnent un réalisme supplémentaire au récit.
Le bémol à mes yeux serait l'approche de la fin où la question religieuse prend un peu trop de place. J'ai lu ce passage assez rapidement et sans vraiment le savourer. Mais quant au reste, je me suis régalée, également quand le roman prend une tournure plus sombre avec la révélation du secret de Mr Rochester.
Nul besoin de m'attarder : j'ai passé un très bon moment de lecture avec ce classique qui n'usurpe pas sa réputation de grand roman. Au programme maintenant : visionner les adaptations filmiques !
mardi 11 décembre 2018
Raison et sentiments / Jane Austen
Quatrième de couverture : (ou plutôt un extrait)
"Deux ou trois fois Elinor usa doucement de ses droits de sœur aînée et d'amie pour adresser quelques tendres exhortations à Marianne et lui faire sentir la nécessité de prendre de l'empire sur elle-même.
Mais Marianne détestait, abhorrait la dissimulation : elle la regardait comme une fausseté impardonnable, et cacher des sentiments qui n'avaient rien en eux-mêmes de condamnables lui paraissait non seulement un effort inutile, mais une ridicule prétention de la raison.
Willoughby pensait de même, et leur conduite à tous égards montrait clairement leur opinion. Quand il était présent, elle n'avait d'yeux que pour lui ; tout ce qu'il faisait était juste ; tout ce qu'il disait était charmant. Si dans la soirée on jouait aux cartes, il trichait pour la favoriser ; si l'on dansait, il était son cavalier la moitié du temps... Une telle conduite excitait, comme on le comprend, les railleries de la société, mais ils s'en embarrassaient fort peu et cherchaient plutôt à les provoquer."
Mon avis :
J'entre doucement dans la magie de Noël avec un bon vieux classique. Je connaissais bien sûr différentes adaptations filmées de ce récit, mais je n'avais encore jamais lu Raison et sentiments. C'est maintenant chose faite, et bien faite ! Je pense même pouvoir dire qu'il s'agit là de mon petit favori de Jane Austen :-)
Même si je connaissais donc déjà la trame principale de l'histoire, si je me souvenais de quelques rebondissements, et bien sûr si je connaissais l'heureux dénouement, je n'en ai pas moins aimé l'aborder par l'écrit.
Qui ne connaît pas l'histoire d'Elinor et Marianne, deux sœurs charmantes, parfaites sous tous rapports, mais qui connaîtront des amours perturbées, chacune à leur façon ? L'une est gouvernée par la raison, l'autre par ses passions, mais elles se rejoignent dans la façon dont elles sont trahies par les hommes qu'elles aiment. De là vont se développer deux comportements différents face à cette souffrance presque similaire, face à leur entourage (leur mère d'abord, et la société de Londres), et finalement face à ces mêmes hommes qu'elles vont être amenées à revoir, Edward Ferrars et John Willoughby.
Autour d'elles gravitent des personnages secondaires, aux caractères tout aussi stéréotypés, bien souvent agaçants et frisant le ridicule.
C'est aussi, à mon sens, ce qui fait le charme d'un roman austenien : au fond, on n'en demande pas plus, et on est bien aises d'avoir cerné un personnage rapidement. C'est l'occasion pour l'auteure de s'amuser et de tourner en ridicule certaines mœurs de son temps, en en montrant les limites. C'est souvent très drôle, et l'occasion de se rendre compte que les choses n'ont pas complètement changé avec le temps, qu'on connaît tous une commère comme Mme Jennings, un séducteur sans scrupules comme Willoughby, un ami fidèle comme le colonel Brandon, une rivale idiote comme Lucy Steele, ... La plume de Jane Austen est souvent sans pitié et donne lieu à de bons fous-rires.
Les chapitres sont assez courts, ce qui fait que la lecture peut être aisément "picorée". Mais lorsque j'ai trouvé le temps de pouvoir m'y adonner sans m'arrêter (bonus : au coin du feu !), j'ai enchaîné les chapitres à une vitesse folle, et j'ai pris conscience, plus que dans les films, que chaque étape était nécessaire au bon déroulement de l'histoire. Chose notable : aucune étape ne m'a paru trop longue, c'est l'avantage d'avoir deux personnages principaux et de pouvoir alterner les points de vue.
Les caractères opposés d'Elinor et Marianne sont explorés ici dans leur façon de faire face, chacune à leur manière, au malheur. C'est la raison qui emporte finalement la morale de cette histoire. Et bien que les traits de caractère soient bien souvent exagérés, j'ai beaucoup apprécié cheminer un temps avec ces demoiselles, souffrir avec elles, m'indigner, et finalement me réjouir de leur bonheur.
"Deux ou trois fois Elinor usa doucement de ses droits de sœur aînée et d'amie pour adresser quelques tendres exhortations à Marianne et lui faire sentir la nécessité de prendre de l'empire sur elle-même.
Mais Marianne détestait, abhorrait la dissimulation : elle la regardait comme une fausseté impardonnable, et cacher des sentiments qui n'avaient rien en eux-mêmes de condamnables lui paraissait non seulement un effort inutile, mais une ridicule prétention de la raison.
Willoughby pensait de même, et leur conduite à tous égards montrait clairement leur opinion. Quand il était présent, elle n'avait d'yeux que pour lui ; tout ce qu'il faisait était juste ; tout ce qu'il disait était charmant. Si dans la soirée on jouait aux cartes, il trichait pour la favoriser ; si l'on dansait, il était son cavalier la moitié du temps... Une telle conduite excitait, comme on le comprend, les railleries de la société, mais ils s'en embarrassaient fort peu et cherchaient plutôt à les provoquer."
La bibliothèque du collectionneur
Traduit de l'anglais par Isabelle de Montolieu
Version révisée et postface de Hélène Seyrès
588 pages
Mon avis :
J'entre doucement dans la magie de Noël avec un bon vieux classique. Je connaissais bien sûr différentes adaptations filmées de ce récit, mais je n'avais encore jamais lu Raison et sentiments. C'est maintenant chose faite, et bien faite ! Je pense même pouvoir dire qu'il s'agit là de mon petit favori de Jane Austen :-)
Même si je connaissais donc déjà la trame principale de l'histoire, si je me souvenais de quelques rebondissements, et bien sûr si je connaissais l'heureux dénouement, je n'en ai pas moins aimé l'aborder par l'écrit.
Qui ne connaît pas l'histoire d'Elinor et Marianne, deux sœurs charmantes, parfaites sous tous rapports, mais qui connaîtront des amours perturbées, chacune à leur façon ? L'une est gouvernée par la raison, l'autre par ses passions, mais elles se rejoignent dans la façon dont elles sont trahies par les hommes qu'elles aiment. De là vont se développer deux comportements différents face à cette souffrance presque similaire, face à leur entourage (leur mère d'abord, et la société de Londres), et finalement face à ces mêmes hommes qu'elles vont être amenées à revoir, Edward Ferrars et John Willoughby.
Autour d'elles gravitent des personnages secondaires, aux caractères tout aussi stéréotypés, bien souvent agaçants et frisant le ridicule.
C'est aussi, à mon sens, ce qui fait le charme d'un roman austenien : au fond, on n'en demande pas plus, et on est bien aises d'avoir cerné un personnage rapidement. C'est l'occasion pour l'auteure de s'amuser et de tourner en ridicule certaines mœurs de son temps, en en montrant les limites. C'est souvent très drôle, et l'occasion de se rendre compte que les choses n'ont pas complètement changé avec le temps, qu'on connaît tous une commère comme Mme Jennings, un séducteur sans scrupules comme Willoughby, un ami fidèle comme le colonel Brandon, une rivale idiote comme Lucy Steele, ... La plume de Jane Austen est souvent sans pitié et donne lieu à de bons fous-rires.
Les chapitres sont assez courts, ce qui fait que la lecture peut être aisément "picorée". Mais lorsque j'ai trouvé le temps de pouvoir m'y adonner sans m'arrêter (bonus : au coin du feu !), j'ai enchaîné les chapitres à une vitesse folle, et j'ai pris conscience, plus que dans les films, que chaque étape était nécessaire au bon déroulement de l'histoire. Chose notable : aucune étape ne m'a paru trop longue, c'est l'avantage d'avoir deux personnages principaux et de pouvoir alterner les points de vue.
Les caractères opposés d'Elinor et Marianne sont explorés ici dans leur façon de faire face, chacune à leur manière, au malheur. C'est la raison qui emporte finalement la morale de cette histoire. Et bien que les traits de caractère soient bien souvent exagérés, j'ai beaucoup apprécié cheminer un temps avec ces demoiselles, souffrir avec elles, m'indigner, et finalement me réjouir de leur bonheur.
mercredi 5 décembre 2018
Beren et Luthien / J.R.R. Tolkien, édition établie par Christopher Tolkien
Quatrième de couverture :
"Découvrez l'histoire d'amour qui a donné naissance au monde du Seigneur des Anneaux et du Hobbit ! Des milliers d'années avant Aragorn et Arwen, un homme et une Elfe tentent de vivre un amour interdit et se lancent dans la plus formidable des aventures en Terre du Milieu : reprendre un trésor, le Silmaril, au terrible dieu Morgoth.
En traversant mille périls vers sa forteresse, l'Elfe Luthien nous montre que le plus grand des héros de Tolkien est une héroïne.
Ce volume contient 9 illustrations originales en couleurs d'Alan Lee, illustrateur du Seigneur des Anneaux et des Enfants de Hurin."
Mon avis :
J'ai gagné ce livre en octobre 2017 en jouant à un concours de l'association Tolkiendil (merciiii !). N'ayant pas encore lu Le Silmarillion, j'ai donc découvert la légende de Beren et Lùthien dans cet ouvrage qui en recense différentes versions.
Bien sûr, l'abord de ce livre peut sembler difficile, et j'ai moi-même effectivement connu des difficultés au début, lorsque Christopher Tolkien explique sa démarche et fait référence à des personnages inconnus à un lecteur novice, mais finalement le reste du texte finit par se livrer, si on s'intéresse un tant soit peu à l'histoire de la Terre du Milieu ! J'ai d'ailleurs ensuite passé un peu de temps sur l'encyclopédie de Tolkiendil (http://www.tolkiendil.com/encyclo), outil précieux dont j'ai déjà parlé dans mon retour sur Les Enfants de Hùrin.
Cette légende se situe dans le même monde disparu. Les différentes versions sont présentées, autant que possible, de manière chronologique d'écriture. C'est très intéressant de suivre l'évolution de l'histoire, de voir quels passages sont supprimés, modifiés, ajoutés...
Ce livre a été pour moi l'occasion de beaucoup me documenter sur les Elfes. Et j'ai été surprise de découvrir qu'ils avaient aussi pour certains leurs côtés sombres. Je dirais même même que c'est ce qui m'a le plus plu : certes, le Mal est incarné par Morgoth, comme dans le Seigneur des Anneaux sous les traits de Sauron, mais il a aussi d'autres émanations, plus subtiles, en chaque être.
Attendrai-je maintenant la traduction française de La Chute de Gondolin (publié en anglais au mois d'août dernier, et dont la traduction française est prévue pour avril 2019) pour terminer les trois "Grands Contes" des Jours Anciens, ou bien m'attaquerai-je finalement au Silmarillion qui les regroupe tous, de façon plus ou moins développée ?
Je ne sais pas encore dans quel ordre, mais une chose est sûre, j'ai envie de poursuivre l'aventure !
Si vous aussi souhaitez aborder l'univers tolkienien, je signale la mise en ligne de quatre émissions radio autour de l'auteur, où interviennent de brillants spécialistes. Les podcasts sont disponibles sur le site de France Culture (La Compagnie des auteurs : https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-auteurs).
"Découvrez l'histoire d'amour qui a donné naissance au monde du Seigneur des Anneaux et du Hobbit ! Des milliers d'années avant Aragorn et Arwen, un homme et une Elfe tentent de vivre un amour interdit et se lancent dans la plus formidable des aventures en Terre du Milieu : reprendre un trésor, le Silmaril, au terrible dieu Morgoth.
En traversant mille périls vers sa forteresse, l'Elfe Luthien nous montre que le plus grand des héros de Tolkien est une héroïne.
Ce volume contient 9 illustrations originales en couleurs d'Alan Lee, illustrateur du Seigneur des Anneaux et des Enfants de Hurin."
Christian Bourgois Éditeur
Illustré par Alan Lee
Traduit par Daniel Lauzon, Elen Riot et Adam Tolkien
217 pages
Mon avis :
J'ai gagné ce livre en octobre 2017 en jouant à un concours de l'association Tolkiendil (merciiii !). N'ayant pas encore lu Le Silmarillion, j'ai donc découvert la légende de Beren et Lùthien dans cet ouvrage qui en recense différentes versions.
Bien sûr, l'abord de ce livre peut sembler difficile, et j'ai moi-même effectivement connu des difficultés au début, lorsque Christopher Tolkien explique sa démarche et fait référence à des personnages inconnus à un lecteur novice, mais finalement le reste du texte finit par se livrer, si on s'intéresse un tant soit peu à l'histoire de la Terre du Milieu ! J'ai d'ailleurs ensuite passé un peu de temps sur l'encyclopédie de Tolkiendil (http://www.tolkiendil.com/encyclo), outil précieux dont j'ai déjà parlé dans mon retour sur Les Enfants de Hùrin.
Cette légende se situe dans le même monde disparu. Les différentes versions sont présentées, autant que possible, de manière chronologique d'écriture. C'est très intéressant de suivre l'évolution de l'histoire, de voir quels passages sont supprimés, modifiés, ajoutés...
Ce livre a été pour moi l'occasion de beaucoup me documenter sur les Elfes. Et j'ai été surprise de découvrir qu'ils avaient aussi pour certains leurs côtés sombres. Je dirais même même que c'est ce qui m'a le plus plu : certes, le Mal est incarné par Morgoth, comme dans le Seigneur des Anneaux sous les traits de Sauron, mais il a aussi d'autres émanations, plus subtiles, en chaque être.
Attendrai-je maintenant la traduction française de La Chute de Gondolin (publié en anglais au mois d'août dernier, et dont la traduction française est prévue pour avril 2019) pour terminer les trois "Grands Contes" des Jours Anciens, ou bien m'attaquerai-je finalement au Silmarillion qui les regroupe tous, de façon plus ou moins développée ?
Je ne sais pas encore dans quel ordre, mais une chose est sûre, j'ai envie de poursuivre l'aventure !
Si vous aussi souhaitez aborder l'univers tolkienien, je signale la mise en ligne de quatre émissions radio autour de l'auteur, où interviennent de brillants spécialistes. Les podcasts sont disponibles sur le site de France Culture (La Compagnie des auteurs : https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-auteurs).
mardi 27 novembre 2018
Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans tête / Washington Irving
Quatrième de couverture :
A la fin du XVIIIe siècle, un vallon ensommeillé sur les bords de l'Hudson où vit une paisible communauté d'origine hollandaise... La légende qui s'y colporte d'un fantomatique cavalier furieux vient à menacer la quiétude de ses habitants. On raconte qu'il décapite tous ceux qu'il rencontre, et lui-même serait sans tête...
Sur un ton parodique, Washington Irving (1783-1859) brocarde un rêve américain qui tourne rapidement au cauchemar. La Légende du Cavalier sans tête constitue un surprenant mélange d'enchantement et de fantastique.
Tim Burton s'est approprié cet univers pour en donner une version très noire dans son dernier film, Sleepy Hollow."
Mon avis :
C'est par ledit film de Tim Burton que j'ai eu connaissance de cette légende. Mais, en bonne amoureuse de l'écrit que je suis, je voulais absolument en connaître la version originale. Je m'attendais bien sûr à ce que celle-ci soit fort différente du film, car il s'agit d'une petite nouvelle d'une cinquantaine de pages. Autant dire qu'il semble impossible d'y faire tenir tout ce que le film développe.
Et en effet, même en m'y attendant, j'ai été surprise. Les deux œuvres n'ont rien à voir. Si les personnages principaux du film, comme Ichabod Crane ou Katrina Van Tassel, sont présents dans la nouvelle, ils y affichent des caractères bien différents. De même, l'épisode relaté par la nouvelle n'est en fait qu'un détail dans le film réalisé par Tim Burton. Je ne dirais pas duquel il s'agit, la lecture n'est après tout pas si longue pour les curieux ;-) D'autant plus qu'elle est agréable. Me plonger dans une œuvre du 19e siècle, avec sa langue particulièrement travaillée, m'avait manqué. L'ambiance est dépaysante, typique des États-Unis du 19e siècle tels qu'on les imagine.
En conclusion, une petite lecture bien agréable, souvent drôle voire moqueuse, mais il ne faut pas y chercher tout le contenu mystique du film, qui prend la nouvelle comme base de travail pour construire une autre légende.
A la fin du XVIIIe siècle, un vallon ensommeillé sur les bords de l'Hudson où vit une paisible communauté d'origine hollandaise... La légende qui s'y colporte d'un fantomatique cavalier furieux vient à menacer la quiétude de ses habitants. On raconte qu'il décapite tous ceux qu'il rencontre, et lui-même serait sans tête...
Sur un ton parodique, Washington Irving (1783-1859) brocarde un rêve américain qui tourne rapidement au cauchemar. La Légende du Cavalier sans tête constitue un surprenant mélange d'enchantement et de fantastique.
Tim Burton s'est approprié cet univers pour en donner une version très noire dans son dernier film, Sleepy Hollow."
Éditions Mille et une nuits
Traduit de l'américain et notes par Alain Geoffroy
79 pages
Mon avis :
C'est par ledit film de Tim Burton que j'ai eu connaissance de cette légende. Mais, en bonne amoureuse de l'écrit que je suis, je voulais absolument en connaître la version originale. Je m'attendais bien sûr à ce que celle-ci soit fort différente du film, car il s'agit d'une petite nouvelle d'une cinquantaine de pages. Autant dire qu'il semble impossible d'y faire tenir tout ce que le film développe.
Et en effet, même en m'y attendant, j'ai été surprise. Les deux œuvres n'ont rien à voir. Si les personnages principaux du film, comme Ichabod Crane ou Katrina Van Tassel, sont présents dans la nouvelle, ils y affichent des caractères bien différents. De même, l'épisode relaté par la nouvelle n'est en fait qu'un détail dans le film réalisé par Tim Burton. Je ne dirais pas duquel il s'agit, la lecture n'est après tout pas si longue pour les curieux ;-) D'autant plus qu'elle est agréable. Me plonger dans une œuvre du 19e siècle, avec sa langue particulièrement travaillée, m'avait manqué. L'ambiance est dépaysante, typique des États-Unis du 19e siècle tels qu'on les imagine.
En conclusion, une petite lecture bien agréable, souvent drôle voire moqueuse, mais il ne faut pas y chercher tout le contenu mystique du film, qui prend la nouvelle comme base de travail pour construire une autre légende.
mercredi 10 octobre 2018
Gagner la guerre / Jean-Philippe Jaworski
Quatrième de couverture :
"Entrez dans le Vieux Royaume.
De Montefellòne à Ciudalia en passant par Bourg-Preux, venez en découvrir les mystères.
Et si vous croisez un certain Benvenuto : tremblez !"
Mon avis :
Vous l'aurez remarqué (ou pas), il s'agit de la même quatrième de couverture que pour Janua Vera, car je dispose de l'édition intégrale, regroupant les nouvelles et le roman. Mais je pense avoir donné suffisamment l'envie de lire les nouvelles par mon précédent article, sans devoir la développer davantage. Le billet qui concerne le roman sera de la même veine.
J'ai profité de mes congés d'été pour me plonger dans ce gros pavé sans avoir à le transporter trop souvent (environ 800 pages de roman seul, mais combiné au recueil de nouvelles, mon exemplaire dépasse les 1000 pages).
Nous retrouvons là les personnages rencontrés dans la nouvelle Mauvaise donne (à lire de préférence avant Gagner la guerre, puisque celui-ci se déroule un an après).
Intrigues, calculs politiques, stratégie et coups bas, voilà un petit aperçu de ce qui compose le roman. Nous suivons le personnage de Benvenuto Gesufal dans ses aventures, dans ses relations plus ou moins recommandables dans l'entourage du podestat Ducatore. Homme de main loyal finissant par être traqué et conduit à l'exil, il est un témoin privilégié de la vie politique de sa cité, et c'est son point de vue que nous adoptons.
A priori, ce ne sont pas des thèmes qui m'attirent, j'ai souvent peur de me perdre dans la masse d'informations politiques donnée. Mais la plume qui dessert ces machiavélismes est si belle et terrible que je me suis surprise à apprécier tout cela.
Et je pense que c'est une bonne chose pour moi d'avoir connu la plume de Jaworski à travers les nouvelles aux thèmes plus diversifiés, car je ne sais pas si je me serai lancée dans le roman si je ne connaissais pas la qualité de son écriture.
A priori, ce ne sont pas des thèmes qui m'attirent, j'ai souvent peur de me perdre dans la masse d'informations politiques donnée. Mais la plume qui dessert ces machiavélismes est si belle et terrible que je me suis surprise à apprécier tout cela.
Et je pense que c'est une bonne chose pour moi d'avoir connu la plume de Jaworski à travers les nouvelles aux thèmes plus diversifiés, car je ne sais pas si je me serai lancée dans le roman si je ne connaissais pas la qualité de son écriture.
Sans surprise, j'ai donc bien accroché dès le début, mais je dois signaler que j'ai tout de même connu une baisse d'enthousiasme vers le milieu du récit. Peut-être était-ce dû à mon rythme de vie personnel, mes préoccupations étant principalement tournées vers l'organisation de mon mariage...
Mais cela n'en remet pas en cause la qualité globale du texte.
J'ai particulièrement apprécié les petits apartés, où Benvenuto s'adresse directement à nous, ses lecteurs, de manière plus ou moins courtoise ! Quant au surnaturel, il est présent en petites touches, ce qui ravira tout le monde, les amateurs de romans historiques comme les amateurs de fantasy !
Alors, prêt.e.s pour une plongée dans un monde sans pitié ?
Mais cela n'en remet pas en cause la qualité globale du texte.
J'ai particulièrement apprécié les petits apartés, où Benvenuto s'adresse directement à nous, ses lecteurs, de manière plus ou moins courtoise ! Quant au surnaturel, il est présent en petites touches, ce qui ravira tout le monde, les amateurs de romans historiques comme les amateurs de fantasy !
Alors, prêt.e.s pour une plongée dans un monde sans pitié ?
mercredi 26 septembre 2018
Game of Thrones, une métaphysique des meurtres / Marianne Chaillan
Quatrième de couverture :
"Game of Thrones, la série télévisée culte, a rattrapé les livres dont elle est l'adaptation. Les fans sont plongés dans un suspense insoutenable : qui est appelé à régner sur le Royaume des Sept Couronnes ?
Pour répondre à cette question, Marianne Chaillan imagine une soirée télé avec les meilleurs experts possibles : les philosophes. Qui, selon Kant, mériterait de régner ? Qui semble le plus doué pour conquérir le pouvoir selon Machiavel ?
Pour aller plus loin, cet essai stimulant vous met à contribution : vous pourrez ainsi découvrir si vous êtes un Stark ou un Lannister, ou si Daenerys a plus de chances de régner que Cersei.
Un voyage philosophique d'Essos à Westeros aussi instructif que divertissant."
Mon avis :
Faites de la philosophie de manière ludique ! C'est le postulat de Marianne Chaillan, elle-même professeur de philosophie, et il me paraît génial !
Si j'ai suivi une formation littéraire, je dois bien avouer que je ne me souviens pas de toutes les théories philosophiques existantes, et je suis bien incapable de relier du tac au tac un philosophe à sa pensée.
Je trouve donc que ce livre est particulièrement brillant, car il met la philosophie à la portée de tous, et illustre les concepts par des exemples concrets qui reviendront vite à la mémoire des fans de Game of Thrones. En revanche, l'auteure ne se base que sur la série télé, et s'en justifie en affirmant que la série a eu un impact sur un public plus diversifié que les livres. Attention toutefois à bien avoir vu tous les épisodes avant de se lancer dans cette lecture, car aucun secret n'est caché :-)
Qui aurait pu croire qu'un livre de philosophie pouvait être drôle ? Et pourtant, c'est le cas. Je ne l'ai pas lu comme un roman toutefois (je n'ai d'ailleurs pas lu tous les chapitres...), j'ai préféré faire des pauses, question de goût personnel.
En tout cas, j'ai beaucoup aimé ce livre, à lire en entier ou à "picorer", qui nous permet parfois de comprendre des actes qui nous ont semblé odieux, de décortiquer ce qui se passe dans la tête de certains personnages, de s'imaginer à leur place grâce à certains petits jeux de rôle, etc.
Marianne Chaillan ne se tient pas à l'univers de Game of Thrones, elle a aussi signé deux autres livres aux titres tout aussi évocateurs : Harry Potter à l'école de la philosophie, et Ils vécurent philosophes et firent beaucoup d'heureux (sur les dessins animés Disney).
Je tiens au passage à signaler l'existence de ce podcast sur France Culture : Comment la pop culture nous apprend-elle à philosopher ? (58 min.) : https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/marianne-chaillan
Véritablement intéressant et accessible, l'auteure intervient et présente ses ouvrages, agrémenté de nombreux extraits sonores. Qu'on ait l'intention de lire les livres ou non, on se rend compte qu'on vit dans la philosophie depuis toujours.
"Game of Thrones, la série télévisée culte, a rattrapé les livres dont elle est l'adaptation. Les fans sont plongés dans un suspense insoutenable : qui est appelé à régner sur le Royaume des Sept Couronnes ?
Pour répondre à cette question, Marianne Chaillan imagine une soirée télé avec les meilleurs experts possibles : les philosophes. Qui, selon Kant, mériterait de régner ? Qui semble le plus doué pour conquérir le pouvoir selon Machiavel ?
Pour aller plus loin, cet essai stimulant vous met à contribution : vous pourrez ainsi découvrir si vous êtes un Stark ou un Lannister, ou si Daenerys a plus de chances de régner que Cersei.
Un voyage philosophique d'Essos à Westeros aussi instructif que divertissant."
Le Passeur Éditeur, 2016
357 pages
Mon avis :
Faites de la philosophie de manière ludique ! C'est le postulat de Marianne Chaillan, elle-même professeur de philosophie, et il me paraît génial !
Si j'ai suivi une formation littéraire, je dois bien avouer que je ne me souviens pas de toutes les théories philosophiques existantes, et je suis bien incapable de relier du tac au tac un philosophe à sa pensée.
Je trouve donc que ce livre est particulièrement brillant, car il met la philosophie à la portée de tous, et illustre les concepts par des exemples concrets qui reviendront vite à la mémoire des fans de Game of Thrones. En revanche, l'auteure ne se base que sur la série télé, et s'en justifie en affirmant que la série a eu un impact sur un public plus diversifié que les livres. Attention toutefois à bien avoir vu tous les épisodes avant de se lancer dans cette lecture, car aucun secret n'est caché :-)
Qui aurait pu croire qu'un livre de philosophie pouvait être drôle ? Et pourtant, c'est le cas. Je ne l'ai pas lu comme un roman toutefois (je n'ai d'ailleurs pas lu tous les chapitres...), j'ai préféré faire des pauses, question de goût personnel.
En tout cas, j'ai beaucoup aimé ce livre, à lire en entier ou à "picorer", qui nous permet parfois de comprendre des actes qui nous ont semblé odieux, de décortiquer ce qui se passe dans la tête de certains personnages, de s'imaginer à leur place grâce à certains petits jeux de rôle, etc.
Marianne Chaillan ne se tient pas à l'univers de Game of Thrones, elle a aussi signé deux autres livres aux titres tout aussi évocateurs : Harry Potter à l'école de la philosophie, et Ils vécurent philosophes et firent beaucoup d'heureux (sur les dessins animés Disney).
Je tiens au passage à signaler l'existence de ce podcast sur France Culture : Comment la pop culture nous apprend-elle à philosopher ? (58 min.) : https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/marianne-chaillan
Véritablement intéressant et accessible, l'auteure intervient et présente ses ouvrages, agrémenté de nombreux extraits sonores. Qu'on ait l'intention de lire les livres ou non, on se rend compte qu'on vit dans la philosophie depuis toujours.
vendredi 6 juillet 2018
La péninsule aux 24 saisons / Inaba Mayumi
Quatrième de couverture :
"Dans un paysage de mer et de falaises d'une beauté paisible, bien loin de Tôkyô, une femme en désaccord avec le monde entreprend la redécouverte d'elle-même et passe des jours heureux d'une grande douceur.
En compagnie de son chat, elle fera durant douze mois l'apprentissage des vingt-quatre saisons d'une année japonaise. A la manière d'un jardinier observant scrupuleusement son almanach, elle se laisse purifier par le vent, prépare des confitures de fraises des bois, compose des haïkus dans l'attente des lucioles de l'été, sillonne la forêt, attentive aux présences invisibles, et regarde la neige danser.
Dans ce hameau au bord du monde, l'entraide entre voisins prend toute sa valeur, les brassées de pousses de bambou déposées devant sa porte au moment de la récolte, et les visites chaleureuses à l'atelier du miel de son amie Kayoko.
Vingt-quatre saisons, c'est le temps qu'il faut pour une renaissance, pour laisser se déployer un sensuel amour de la vie."
Mon avis :
J'ai commencé ce livre alors que j'avais justement besoin d'une pause, d'un bon bol d'air. Malheureusement, mon planning ne m'en a pas laissé le temps, ce qui fait que même si j'aimais ces petits et trop rares moments passés à lire, j'avais l'impression de passer à côté de quelque chose, de gâcher ce livre en quelques sortes. J'ai donc mis de côté ma lecture pour une autre, moins poétique, et l'ai recommencée lorsque j'avais un peu plus de temps à y consacrer.
C'est une lecture qui fait du bien, une lecture reposante. En effet, comme il n'y a pas véritablement d'action principale, on flâne, on se laisse porter par les événements, les saisons, les réflexions d'une femme sur sa vie, et son regard sur la nature qui l'entoure.
Mon seul regret sera de ne pas avoir eu davantage de détails quant aux vingt-quatre saisons mentionnées dans le titre. Ce concept m'a séduite, je l'ai trouvé original, et j'aurais donc naturellement voulu en savoir plus. Il s'agit d'une référence à un ancien calendrier japonais qui divisait les mois en deux, se fiant aux subtils changements climatiques qui peuvent s'opérer bien plus souvent qu'en seulement quatre saisons. Il en est un peu question, mais j'aurais aimé connaître tous ces changements et les voir retranscrits ici.
Pour le reste, le roman est dépaysant, ressourçant. J'ai déjà un faible pour ce genre de roman où le personnage a besoin de s'isoler pour se retrouver, c'est donc logiquement le cas ici aussi. J'ai trouvé l'errance de la narratrice très poétique. Cette proximité de la nature, cette entraide mutuelle entre voisins, m'ont permis de réfléchir durant ma lecture à ce qui est l'essence même de la vie. Et quand on revient à l'essentiel, les problèmes n'existent pas.
Je me suis sentie très proche de la narratrice, car sans rejeter en bloc toute civilisation (elle cite à cette occasion Thoreau, que j'ai toujours dans ma liste de lecture), elle avoue avoir besoin des deux (nature et ville), et savoir tirer parti des deux.
C'est lors d'une présentation organisée par la librairie Les Lisières (à Roubaix et Croix : https://www.leslisieres.com/) que j'ai eu connaissance de ce livre.
Si la libraire qui l'a présenté a eu l'impression d'avoir passé un semaine de vacances dans un endroit ressourçant, j'aurais pour ma part bien aimé prolonger aussi mon séjour.
Ce petit livre est à mes yeux un bonbon qu'il faut lire plusieurs fois, pour que la pause dure.
"Dans un paysage de mer et de falaises d'une beauté paisible, bien loin de Tôkyô, une femme en désaccord avec le monde entreprend la redécouverte d'elle-même et passe des jours heureux d'une grande douceur.
En compagnie de son chat, elle fera durant douze mois l'apprentissage des vingt-quatre saisons d'une année japonaise. A la manière d'un jardinier observant scrupuleusement son almanach, elle se laisse purifier par le vent, prépare des confitures de fraises des bois, compose des haïkus dans l'attente des lucioles de l'été, sillonne la forêt, attentive aux présences invisibles, et regarde la neige danser.
Dans ce hameau au bord du monde, l'entraide entre voisins prend toute sa valeur, les brassées de pousses de bambou déposées devant sa porte au moment de la récolte, et les visites chaleureuses à l'atelier du miel de son amie Kayoko.
Vingt-quatre saisons, c'est le temps qu'il faut pour une renaissance, pour laisser se déployer un sensuel amour de la vie."
Traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu
Éditions Philippe Picquier
236 pages
Éditions Philippe Picquier
236 pages
Mon avis :
J'ai commencé ce livre alors que j'avais justement besoin d'une pause, d'un bon bol d'air. Malheureusement, mon planning ne m'en a pas laissé le temps, ce qui fait que même si j'aimais ces petits et trop rares moments passés à lire, j'avais l'impression de passer à côté de quelque chose, de gâcher ce livre en quelques sortes. J'ai donc mis de côté ma lecture pour une autre, moins poétique, et l'ai recommencée lorsque j'avais un peu plus de temps à y consacrer.
C'est une lecture qui fait du bien, une lecture reposante. En effet, comme il n'y a pas véritablement d'action principale, on flâne, on se laisse porter par les événements, les saisons, les réflexions d'une femme sur sa vie, et son regard sur la nature qui l'entoure.
Mon seul regret sera de ne pas avoir eu davantage de détails quant aux vingt-quatre saisons mentionnées dans le titre. Ce concept m'a séduite, je l'ai trouvé original, et j'aurais donc naturellement voulu en savoir plus. Il s'agit d'une référence à un ancien calendrier japonais qui divisait les mois en deux, se fiant aux subtils changements climatiques qui peuvent s'opérer bien plus souvent qu'en seulement quatre saisons. Il en est un peu question, mais j'aurais aimé connaître tous ces changements et les voir retranscrits ici.
Pour le reste, le roman est dépaysant, ressourçant. J'ai déjà un faible pour ce genre de roman où le personnage a besoin de s'isoler pour se retrouver, c'est donc logiquement le cas ici aussi. J'ai trouvé l'errance de la narratrice très poétique. Cette proximité de la nature, cette entraide mutuelle entre voisins, m'ont permis de réfléchir durant ma lecture à ce qui est l'essence même de la vie. Et quand on revient à l'essentiel, les problèmes n'existent pas.
Je me suis sentie très proche de la narratrice, car sans rejeter en bloc toute civilisation (elle cite à cette occasion Thoreau, que j'ai toujours dans ma liste de lecture), elle avoue avoir besoin des deux (nature et ville), et savoir tirer parti des deux.
C'est lors d'une présentation organisée par la librairie Les Lisières (à Roubaix et Croix : https://www.leslisieres.com/) que j'ai eu connaissance de ce livre.
Si la libraire qui l'a présenté a eu l'impression d'avoir passé un semaine de vacances dans un endroit ressourçant, j'aurais pour ma part bien aimé prolonger aussi mon séjour.
Ce petit livre est à mes yeux un bonbon qu'il faut lire plusieurs fois, pour que la pause dure.
dimanche 1 juillet 2018
L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea / Romain Puértolas
Quatrième de couverture :
"L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, c'est une aventure rocambolesque et hilarante aux quatre coins de l'Europe et dans la Lybie postkadhafiste, une histoire d'amour plus pétillante que le Coca-Cola, mais aussi le reflet d'une terrible réalité : le combat que mènent chaque jour les clandestins, ultimes aventuriers de notre siècle."
Mon avis :
Encore un livre assez connu que je lis tardivement. Je n'en connaissais pas l'histoire avant de m'y intéresser : ayant assisté par hasard à une partie du tournage de l'adaptation filmique à Rome, c'est à ce moment-là que j'ai commencé à m'y intéresser. J'ai donc, pour une fois, vu le film avant de lire le livre qui l'a inspiré, et comme j'ai passé un bon moment au cinéma et que j'avais envie d'une lecture assez légère, je me suis lancée ! Je ne regrette absolument pas.
Dès le début, le ton est donné : il est drôle, et l'auteur parvient à conserver ce ton humoristique sur toute la durée du livre.
Signalons tout de même quelques passages plus sérieux, qui m'ont fait réfléchir et m'ont émue. Ce sont tous les passages consacrés aux migrants, à leurs vies et leurs difficultés simplement parce qu'ils sont nés "du mauvais côté de la Méditerranée". En effet, si notre fakir est expédié de pays en pays, rappelons-nous que c'est aussi la véritable situation de certaines personnes.
C'est ce que, selon moi, fait aussi tout l'intérêt du livre : se confronter, sous couvert de l'humour, à de réelles tragédies. Sans cela, l'humour risquerait d'être trop présent et de ne plus fonctionner. De même, la rencontre avec la bonté humaine qui amène à une rédemption est bien amenée et pas trop moralisatrice.
Si j'ai été quelque peu déroutée, c'est plutôt dans ma comparaison avec le film. Celui-ci est à la fois fidèle et différent, c'est pourquoi je ne regrette pas non plus de m'être confrontée aux deux versions. Dans les deux cas, le personnage d'Ajatashatru est très attachant, d'autres sont plus exaspérants mais souvent tournés en dérision, et la happy end indique bien que le but n'est en aucun cas de se prendre la tête.
Je trouve que c'est une très bonne lecture d'été, idéale pour décompresser !
"L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, c'est une aventure rocambolesque et hilarante aux quatre coins de l'Europe et dans la Lybie postkadhafiste, une histoire d'amour plus pétillante que le Coca-Cola, mais aussi le reflet d'une terrible réalité : le combat que mènent chaque jour les clandestins, ultimes aventuriers de notre siècle."
Mon avis :
Encore un livre assez connu que je lis tardivement. Je n'en connaissais pas l'histoire avant de m'y intéresser : ayant assisté par hasard à une partie du tournage de l'adaptation filmique à Rome, c'est à ce moment-là que j'ai commencé à m'y intéresser. J'ai donc, pour une fois, vu le film avant de lire le livre qui l'a inspiré, et comme j'ai passé un bon moment au cinéma et que j'avais envie d'une lecture assez légère, je me suis lancée ! Je ne regrette absolument pas.
Dès le début, le ton est donné : il est drôle, et l'auteur parvient à conserver ce ton humoristique sur toute la durée du livre.
Signalons tout de même quelques passages plus sérieux, qui m'ont fait réfléchir et m'ont émue. Ce sont tous les passages consacrés aux migrants, à leurs vies et leurs difficultés simplement parce qu'ils sont nés "du mauvais côté de la Méditerranée". En effet, si notre fakir est expédié de pays en pays, rappelons-nous que c'est aussi la véritable situation de certaines personnes.
C'est ce que, selon moi, fait aussi tout l'intérêt du livre : se confronter, sous couvert de l'humour, à de réelles tragédies. Sans cela, l'humour risquerait d'être trop présent et de ne plus fonctionner. De même, la rencontre avec la bonté humaine qui amène à une rédemption est bien amenée et pas trop moralisatrice.
Si j'ai été quelque peu déroutée, c'est plutôt dans ma comparaison avec le film. Celui-ci est à la fois fidèle et différent, c'est pourquoi je ne regrette pas non plus de m'être confrontée aux deux versions. Dans les deux cas, le personnage d'Ajatashatru est très attachant, d'autres sont plus exaspérants mais souvent tournés en dérision, et la happy end indique bien que le but n'est en aucun cas de se prendre la tête.
Je trouve que c'est une très bonne lecture d'été, idéale pour décompresser !
jeudi 21 juin 2018
La vérité sur l'affaire Harry Quebert / Joël Dicker
Quatrième de couverture :
"A New York, au printemps 2008, alors que l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois.
Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d'avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.
Convaincu de l'innocence de son ami, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d'écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?"
Mon avis :
Ce livre-là m'attendait depuis longtemps. Je crois n'en avoir entendu que des critiques positives, c'est peut-être la raison pour laquelle j'ai attendu le bon moment pour le lire, même si celui-ci arrive tardivement. La réputation du livre n'est plus à faire, mais je tenais quand même à m'en faire mon propre avis, surtout quand les dites critiques affirment qu'il est impossible de lâcher le livre avant d'en connaître la fin. Personnellement, je suis une grande lectrice, mais une lectrice lente, et j'arrive toujours à faire des pauses dans mes lectures. J'étais donc bien curieuse.
A priori, le sujet de ce roman n'est pas de ceux qui m'attirent. Et pourtant, il faut bien avouer qu'à aucun moment je ne me suis ennuyée. Du début à la fin, l'auteur réussit à maintenir l'attention, ce dont on pourrait douter à en juger par l'épaisseur du livre. Sur ce point, j'ai déjà été conquise.
J'ai beaucoup aimé l'alternance entre les différents temps de l'histoire, les flash-backs en 1975, voire avant, et l'action menée en 2008 à la façon d'une mise en abyme où l'on finit par se demander si on lit une histoire vraie ou non.
J'avais peur de m'y perdre au début, mais tout est maîtrisé et on reprend très vite le fil là où on l'avait laissé, même si les coupures sont frustrantes car arrivant bien souvent sur une nouvelle information, un rebondissement, un retournement de situation.
Pendant la majeure partie du roman, l'enquête suit son cours, justement dosée en révélations, humour, mystère et émotion, mais elle s'ouvre aussi sur l'univers de l'édition et des auteurs.
J'étais arrivée vers la fin, le coupable semblait démasqué, et pourtant je n'étais pas satisfaite. Cela me semblait un peu trop facile, et j'aurais pu être déçue s'il n'y avait pas eu ces énièmes rebondissements.
Sans en révéler trop, je dirais que c'est vraiment la fin qui m'a soufflée, disons les 200 dernières pages, car c'est effectivement dans cette dernière partie que je n'arrivais plus à lâcher le livre, que je me suis faite avoir, comme tant d'autres avant moi.
L'écriture est simple, mais efficace (avec notamment deux ou trois personnages détestables), le suspense est très bien mené, et le parallèle fait avec le travail d'écriture est original ; tout ceci fait que ce livre m'est quand même apparu comme une nouvelle expérience de lecture, que je recommande.
Je terminerai sur cet extrait, qui résume parfaitement le sentiment que je ressens souvent pour quasiment toutes mes lectures (sans le regret toutefois ; j'ai tellement d'autres livres et univers qui m'attendent !) :
"Un bon livre, Marcus, ne se mesure pas à ses derniers mots uniquement, mais à l'effet collectif de tous les mots qui les ont précédés. Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d'un sentiment puissant ; pendant un instant, il ne doit plus penser qu'à tout ce qu'il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer. Un bon livre, Marcus, est un livre que l'on regrette d'avoir terminé."
"A New York, au printemps 2008, alors que l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois.
Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d'avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.
Convaincu de l'innocence de son ami, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d'écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?"
Mon avis :
Ce livre-là m'attendait depuis longtemps. Je crois n'en avoir entendu que des critiques positives, c'est peut-être la raison pour laquelle j'ai attendu le bon moment pour le lire, même si celui-ci arrive tardivement. La réputation du livre n'est plus à faire, mais je tenais quand même à m'en faire mon propre avis, surtout quand les dites critiques affirment qu'il est impossible de lâcher le livre avant d'en connaître la fin. Personnellement, je suis une grande lectrice, mais une lectrice lente, et j'arrive toujours à faire des pauses dans mes lectures. J'étais donc bien curieuse.
A priori, le sujet de ce roman n'est pas de ceux qui m'attirent. Et pourtant, il faut bien avouer qu'à aucun moment je ne me suis ennuyée. Du début à la fin, l'auteur réussit à maintenir l'attention, ce dont on pourrait douter à en juger par l'épaisseur du livre. Sur ce point, j'ai déjà été conquise.
J'ai beaucoup aimé l'alternance entre les différents temps de l'histoire, les flash-backs en 1975, voire avant, et l'action menée en 2008 à la façon d'une mise en abyme où l'on finit par se demander si on lit une histoire vraie ou non.
J'avais peur de m'y perdre au début, mais tout est maîtrisé et on reprend très vite le fil là où on l'avait laissé, même si les coupures sont frustrantes car arrivant bien souvent sur une nouvelle information, un rebondissement, un retournement de situation.
Pendant la majeure partie du roman, l'enquête suit son cours, justement dosée en révélations, humour, mystère et émotion, mais elle s'ouvre aussi sur l'univers de l'édition et des auteurs.
J'étais arrivée vers la fin, le coupable semblait démasqué, et pourtant je n'étais pas satisfaite. Cela me semblait un peu trop facile, et j'aurais pu être déçue s'il n'y avait pas eu ces énièmes rebondissements.
Sans en révéler trop, je dirais que c'est vraiment la fin qui m'a soufflée, disons les 200 dernières pages, car c'est effectivement dans cette dernière partie que je n'arrivais plus à lâcher le livre, que je me suis faite avoir, comme tant d'autres avant moi.
L'écriture est simple, mais efficace (avec notamment deux ou trois personnages détestables), le suspense est très bien mené, et le parallèle fait avec le travail d'écriture est original ; tout ceci fait que ce livre m'est quand même apparu comme une nouvelle expérience de lecture, que je recommande.
Je terminerai sur cet extrait, qui résume parfaitement le sentiment que je ressens souvent pour quasiment toutes mes lectures (sans le regret toutefois ; j'ai tellement d'autres livres et univers qui m'attendent !) :
"Un bon livre, Marcus, ne se mesure pas à ses derniers mots uniquement, mais à l'effet collectif de tous les mots qui les ont précédés. Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d'un sentiment puissant ; pendant un instant, il ne doit plus penser qu'à tout ce qu'il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer. Un bon livre, Marcus, est un livre que l'on regrette d'avoir terminé."
mardi 22 mai 2018
Druide / Oliver Peru
Quatrième de couverture :
"Les druides règnent sur une forêt primordiale et sacrée sise au cœur du monde. Détenteurs d'une sagesse millénaire, ils sont les gardiens du Pacte Ancien, dont le respect garantit la paix entre les peuples. Mais un crime de sang d'une violence inouïe met en péril le fragile échiquier politique des royaumes du Nord. Le druide Obrigan, aidé de ses deux apprentis, ne dispose que de vingt-et-un jours, pas un de plus, pour élucider les circonstances du drame, faute de quoi une guerre totale éclatera. Et tandis que le compte à rebours tourne, chaque lune apporte son lot de nouveaux cadavres, l'entraînant toujours plus loin dans l'horreur..."
Mon avis :
Déjà, je tiens à mentionner que je trouve la couverture sublime, réalisée par l'auteur lui-même. Ce qui peut s'expliquer à la lecture de sa biographie, qui le mentionne avant tout comme scénariste et illustrateur de bande-dessinées. Pour ma part, il m'était inconnu avant la lecture de ce roman, je ne serai donc pas influencée :-)
Par où commencer ?
Fidèle à la promesse faite par la quatrième de couverture, ce roman nous entraîne effectivement dans l'horreur. Niveau meurtres, j'ai été servie. A tel point que ça m'a paru parfois trop : trop de morts, trop d'invincibilité chez les ennemis, trop peu d'espoir.
Il y a énormément de morts dans ce roman, ce qui lui donne un petit côté Trône de fer, et la carte, qui figure en exergue du roman, n'est pas sans me rappeler le Nord de Westeros.
En revanche, au niveau de l'histoire, tout reste original, et surprenant. Cependant, certaines révélations sont arrivées trop tard à mon goût, de même que la véritable bataille. J'ai trouvé les personnages très originaux, ayant chacun leur part d'ombre qui est bien expliquée. Quant aux druides, je ne pense pas qu'ils soient des personnages si courants, même en fantasy, j'ai donc bien aimé côtoyer cette communauté proche de la nature.
C'est une lecture que j'ai aimée, mais qui m'a semblé un peu longue par moments. Ainsi, la véritable intrigue démarre assez tard, et traîne en longueur sur la fin. Les ennemis sont en effet du genre à ne pas se laisser tuer, mais c'était rappelé un peu trop souvent.
Pourtant, le roman partait bien, rythmé par ces 21 jours de délai. Mais il semble qu'il y ait des jours où il se passe plus de choses que d'autres.
A part ça, une lecture originale qui, je pense, s'adresse plutôt aux initiés et amateurs du genre.
"Les druides règnent sur une forêt primordiale et sacrée sise au cœur du monde. Détenteurs d'une sagesse millénaire, ils sont les gardiens du Pacte Ancien, dont le respect garantit la paix entre les peuples. Mais un crime de sang d'une violence inouïe met en péril le fragile échiquier politique des royaumes du Nord. Le druide Obrigan, aidé de ses deux apprentis, ne dispose que de vingt-et-un jours, pas un de plus, pour élucider les circonstances du drame, faute de quoi une guerre totale éclatera. Et tandis que le compte à rebours tourne, chaque lune apporte son lot de nouveaux cadavres, l'entraînant toujours plus loin dans l'horreur..."
Mon avis :
Déjà, je tiens à mentionner que je trouve la couverture sublime, réalisée par l'auteur lui-même. Ce qui peut s'expliquer à la lecture de sa biographie, qui le mentionne avant tout comme scénariste et illustrateur de bande-dessinées. Pour ma part, il m'était inconnu avant la lecture de ce roman, je ne serai donc pas influencée :-)
Par où commencer ?
Fidèle à la promesse faite par la quatrième de couverture, ce roman nous entraîne effectivement dans l'horreur. Niveau meurtres, j'ai été servie. A tel point que ça m'a paru parfois trop : trop de morts, trop d'invincibilité chez les ennemis, trop peu d'espoir.
Il y a énormément de morts dans ce roman, ce qui lui donne un petit côté Trône de fer, et la carte, qui figure en exergue du roman, n'est pas sans me rappeler le Nord de Westeros.
En revanche, au niveau de l'histoire, tout reste original, et surprenant. Cependant, certaines révélations sont arrivées trop tard à mon goût, de même que la véritable bataille. J'ai trouvé les personnages très originaux, ayant chacun leur part d'ombre qui est bien expliquée. Quant aux druides, je ne pense pas qu'ils soient des personnages si courants, même en fantasy, j'ai donc bien aimé côtoyer cette communauté proche de la nature.
C'est une lecture que j'ai aimée, mais qui m'a semblé un peu longue par moments. Ainsi, la véritable intrigue démarre assez tard, et traîne en longueur sur la fin. Les ennemis sont en effet du genre à ne pas se laisser tuer, mais c'était rappelé un peu trop souvent.
Pourtant, le roman partait bien, rythmé par ces 21 jours de délai. Mais il semble qu'il y ait des jours où il se passe plus de choses que d'autres.
A part ça, une lecture originale qui, je pense, s'adresse plutôt aux initiés et amateurs du genre.
Le maître des livres / Umiharu Shinohara
Quatrième de couverture :
"A la bibliothèque pour enfants "La Rose trémière", vous êtes accueillis et conseillés par Mikoshiba, un bibliothécaire binoclard célèbre pour son caractère bien trempé. Mais contrairement à ce qu'il peut laisser paraître, c'est un professionnel de premier ordre. Aujourd'hui encore, adultes comme enfants perdus dans leur vie viennent à lui en espérant trouver le livre salvateur."
Mon avis :
Une fois n'est pas coutume, parlons manga, avec cette série qui a été ma première approche de cet univers. Depuis, j'en ai lu d'autres, mais je me souviens avoir commencé avec celui-ci. J'ai donc choisi des thèmes qui me parlaient : des livres, une bibliothèque. Surprenant :-)
Chaque "chapitre" est le développement d'une petite histoire, comme un petit conte au milieu d'une plus grande histoire. Les personnages principaux restent les mêmes, nous les suivons dans leur évolution, dans la révélation de leurs secrets, mais des personnages secondaires s'invitent, d'autres partent, ... Le tout reste assez dynamique.
Quant à l'environnement, cette petite bibliothèque de quartier m'a beaucoup plu. Les thèmes abordés sont des problèmes de société (parentalité, surtout) qui finissent bien souvent par se résoudre à l'aide de la lecture de classiques de la littérature. Les lectures appropriées sont bien sûr dénichés par Mikosiba, le maître des livres, qui a toujours une histoire adaptée à la situation rencontrée.
Résultat : c'est mignon et émouvant par moments. En revanche, pour le vivre, je dois bien dire que le métier de bibliothécaire y est très idéalisé. J'aimerais beaucoup que ce manga représente la réalité, mais il en est éloigné (en France, en tout cas. Je ne connais pas la situation au Japon).
Toutefois, j'ai pu retrouver mes principes, la raison qui m'a motivée à choisir ce métier, au croisement de la littérature et de l'aide sociale. Je n'ai lu que quelques tomes, par contre, la série en comptant de nombreux, et happée pour ma part par d'autres lectures.
lundi 7 mai 2018
Sur les chemins noirs / Sylvain Tesson
Quatrième de couverture :
"Il m'aura fallu courir le monde et tomber d'un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j'ignorais les replis, d'un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides.
La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs.
Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre."
Mon avis :
Du pur Sylvain Tesson ! Cette fois, l'écrivain-voyageur reste en France, et nous prouve qu'il n'y a pas besoin d'aller très loin pour trouver des endroits sauvages et authentiques. Mais il exprime aussi son scepticisme devant la raréfaction de ces endroits.
Sous la forme d'un journal, l'écrivain nous livre ses réflexions, beaucoup de réflexions, même, au détriment du paysage qui passe au second plan. Je pense que ce livre est voulu comme une rédemption. Il l'écrit lui-même : s'il a entrepris ce voyage en France, c'est parce qu'il s'en est fait la promesse sur son lit d'hôpital après sa chute.
En effet, il est aussi beaucoup question de cette chute qui a failli lui coûter la vie et l'a plongé dans le coma. Cette marche, c'est la rééducation qu'il choisit d'entreprendre, parfois seul, parfois accompagné d'amis qui le rejoignent pour un bout de chemin. Mais là encore, pas trop de développement : le cheminement se fait souvent en silence.
En trois mois environ, Sylvain Tesson a parcouru la France de la frontière italienne aux falaises de la Manche, et donne envie de faire la même chose.
Par moments, cette lecture m'a fait penser à Wild, de Cheryl Strayed (http://mariannabooks.blogspot.fr/2016/07/wild-cheryl-strayed.html), lorsqu'il raconte ses difficultés et son quotidien. La marche et la nature apparaissent encore une fois comme une libération, une délivrance.
La plume poétique de Sylvain Tesson livre donc aussi ses idées et ses regrets au sujet de l'aménagement du territoire, de la mondialisation, des écrans, de la religion, de la nature et de la ruralité (les campagnes et ses petits villages).
Souvent d'accord avec lui, je ne peux que donner un avis positif sur ce livre. Vite, un autre ! ;-)
"Il m'aura fallu courir le monde et tomber d'un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j'ignorais les replis, d'un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides.
La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs.
Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre."
Mon avis :
Du pur Sylvain Tesson ! Cette fois, l'écrivain-voyageur reste en France, et nous prouve qu'il n'y a pas besoin d'aller très loin pour trouver des endroits sauvages et authentiques. Mais il exprime aussi son scepticisme devant la raréfaction de ces endroits.
Sous la forme d'un journal, l'écrivain nous livre ses réflexions, beaucoup de réflexions, même, au détriment du paysage qui passe au second plan. Je pense que ce livre est voulu comme une rédemption. Il l'écrit lui-même : s'il a entrepris ce voyage en France, c'est parce qu'il s'en est fait la promesse sur son lit d'hôpital après sa chute.
En effet, il est aussi beaucoup question de cette chute qui a failli lui coûter la vie et l'a plongé dans le coma. Cette marche, c'est la rééducation qu'il choisit d'entreprendre, parfois seul, parfois accompagné d'amis qui le rejoignent pour un bout de chemin. Mais là encore, pas trop de développement : le cheminement se fait souvent en silence.
En trois mois environ, Sylvain Tesson a parcouru la France de la frontière italienne aux falaises de la Manche, et donne envie de faire la même chose.
Par moments, cette lecture m'a fait penser à Wild, de Cheryl Strayed (http://mariannabooks.blogspot.fr/2016/07/wild-cheryl-strayed.html), lorsqu'il raconte ses difficultés et son quotidien. La marche et la nature apparaissent encore une fois comme une libération, une délivrance.
La plume poétique de Sylvain Tesson livre donc aussi ses idées et ses regrets au sujet de l'aménagement du territoire, de la mondialisation, des écrans, de la religion, de la nature et de la ruralité (les campagnes et ses petits villages).
Souvent d'accord avec lui, je ne peux que donner un avis positif sur ce livre. Vite, un autre ! ;-)
vendredi 20 avril 2018
Boudicca / Jean-Laurent Del Socorro
Quatrième de couverture :
"Angleterre, an I. Après la Gaule, l'Empire romain entend se rendre maître de l'île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l'empire des aigles jusqu'à Rome ?
A la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd'hui encore la révolte."
Mon avis :
Ce mois d'avril sera épique ou ne sera pas ! Je continue sur ma lancée, ayant soif d'aventures. C'est en suivant l'actualité du festival Les Imaginales (https://www.imaginales.fr/) que j'ai eu connaissance de ce roman, en lice pour le prix Imaginales des bibliothécaires. Je ne ferai pas partie des bibliothécaires votants, n'ayant pas pris le temps de m'y intéresser concernant l'inscription, mais pourquoi pas une prochaine fois ? J'espère déjà pouvoir me rendre au festival.
Quoiqu'il en soit, ce roman me tentait beaucoup.
Si j'ai aimé découvrir la vie de Boudicca (ou Boadicée), que je ne connaissais absolument pas, je n'ai en revanche pas ressenti de plaisir exceptionnel à la lecture. La plume est bonne, certains passages sont très beaux voire émouvants, mais globalement cette lecture me laisse sur une impression mitigée.
En cause : le récit très direct qui ne prend, à mes yeux, pas la peine de développer la psychologie des personnages (sauf de Boudicca, bien sûr, mais qui ressent au final souvent la même chose). C'est compréhensible, dans la mesure où l'auteur a fait avec les informations dont il disposait, qui doivent être connues seulement dans les grandes lignes.
Ainsi, si certains passages (en lien avec son rôle de mère notamment) sont magnifiques et ont remué quelque chose en moi, le reste du récit m'est apparu assez lapidaire, comme une succession de faits rapportés sans grande émotion.
Quant à la fin, je l'ai trouvée originale. Alors que la biographie, à proprement parler, de Boudicca se termine, l'auteur enchaîne sur une nouvelle qui semble n'avoir rien à voir avec le roman. Elle concerne d'autres personnages, une autre période de l'histoire... Il s'agit de la Boston "tea party" : https://fr.wikipedia.org/wiki/Boston_Tea_Party. Et pourtant, les motifs de révolte semblent les mêmes que ceux qui ont animé Boudicca et son peuple. Ce qui fait que l'on referme le livre en songeant différemment aux révoltes, et que les "gentils" habitants de Britannia peuvent apparaître plus tard comme des colonisateurs à leur tour.
En bref, un livre intéressant qui aurait pu me plaire davantage, mais qui pourra faire mouche chez les personnes qui n'aiment pas trop les biographies romancées.
Pour ma part, sur un thème un peu semblable, j'ai préféré Le Pas de Merlin, de Jean-Louis Fetjaine, qu'il faudrait que je relise si je veux en parler ici. J'en avais gardé un bon souvenir, mais qui date... Signalons également la nouvelle trilogie (en cours de publication et que je n'ai pas encore lue) de Jean-Philippe Jaworski, Les Rois du Monde, également à propos de la conquête romaine, mais de la Gaule cette fois.
"Angleterre, an I. Après la Gaule, l'Empire romain entend se rendre maître de l'île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l'empire des aigles jusqu'à Rome ?
A la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd'hui encore la révolte."
"Il n'y a pas de honte à renoncer car seuls les dieux ne connaissent pas
la peur. Je ne vous jugerai pas. Je vous pose simplement la question :
serez-vous, aujourd'hui, à mes côtés ?"
Mon avis :
Ce mois d'avril sera épique ou ne sera pas ! Je continue sur ma lancée, ayant soif d'aventures. C'est en suivant l'actualité du festival Les Imaginales (https://www.imaginales.fr/) que j'ai eu connaissance de ce roman, en lice pour le prix Imaginales des bibliothécaires. Je ne ferai pas partie des bibliothécaires votants, n'ayant pas pris le temps de m'y intéresser concernant l'inscription, mais pourquoi pas une prochaine fois ? J'espère déjà pouvoir me rendre au festival.
Quoiqu'il en soit, ce roman me tentait beaucoup.
Si j'ai aimé découvrir la vie de Boudicca (ou Boadicée), que je ne connaissais absolument pas, je n'ai en revanche pas ressenti de plaisir exceptionnel à la lecture. La plume est bonne, certains passages sont très beaux voire émouvants, mais globalement cette lecture me laisse sur une impression mitigée.
En cause : le récit très direct qui ne prend, à mes yeux, pas la peine de développer la psychologie des personnages (sauf de Boudicca, bien sûr, mais qui ressent au final souvent la même chose). C'est compréhensible, dans la mesure où l'auteur a fait avec les informations dont il disposait, qui doivent être connues seulement dans les grandes lignes.
Ainsi, si certains passages (en lien avec son rôle de mère notamment) sont magnifiques et ont remué quelque chose en moi, le reste du récit m'est apparu assez lapidaire, comme une succession de faits rapportés sans grande émotion.
Quant à la fin, je l'ai trouvée originale. Alors que la biographie, à proprement parler, de Boudicca se termine, l'auteur enchaîne sur une nouvelle qui semble n'avoir rien à voir avec le roman. Elle concerne d'autres personnages, une autre période de l'histoire... Il s'agit de la Boston "tea party" : https://fr.wikipedia.org/wiki/Boston_Tea_Party. Et pourtant, les motifs de révolte semblent les mêmes que ceux qui ont animé Boudicca et son peuple. Ce qui fait que l'on referme le livre en songeant différemment aux révoltes, et que les "gentils" habitants de Britannia peuvent apparaître plus tard comme des colonisateurs à leur tour.
En bref, un livre intéressant qui aurait pu me plaire davantage, mais qui pourra faire mouche chez les personnes qui n'aiment pas trop les biographies romancées.
Pour ma part, sur un thème un peu semblable, j'ai préféré Le Pas de Merlin, de Jean-Louis Fetjaine, qu'il faudrait que je relise si je veux en parler ici. J'en avais gardé un bon souvenir, mais qui date... Signalons également la nouvelle trilogie (en cours de publication et que je n'ai pas encore lue) de Jean-Philippe Jaworski, Les Rois du Monde, également à propos de la conquête romaine, mais de la Gaule cette fois.
vendredi 13 avril 2018
Janua Vera / Jean-Philippe Jaworski
Quatrième de couverture :
Entrez dans le Vieux Royaume.
De Montefellòne à Ciudalia en passant par Bourg-Preux, venez en découvrir les mystères.
Et si vous croisez un certain Benvenuto : tremblez !
Mon avis :
On aura rarement fait plus lapidaire, comme quatrième de couverture, mais elle se suffit à elle-même ! Je lis le recueil des Récits du Vieux Royaume : y sont compilés les nouvelles regroupées sous le titre de Janua Vera et le roman Gagner la guerre. Faisant plus de 1000 pages au total, et lisant lentement, j'ai choisi de faire deux articles pour éviter d'attendre trop longtemps avant de donner mon avis très enthousiaste.
Voici donc mon avis sur Janua Vera.
Ces dix nouvelles se déroulent toutes dans le Vieux Royaume, un monde imaginaire aux accents parfois médiévaux, aux décors parfois méditerranéens au temps de la Renaissance. Dans tous les cas, l'ambiance est superbe et on se laisse happer à chaque fois ! Je me suis parfois fait la réflexion qu'il manquait peut-être une carte pour visualiser encore mieux l'univers, mais cela ne nuit toutefois pas à la compréhension et permet de mobiliser l'imagination de chaque lecteur.
Chaque nouvelle est différente de sa voisine, avec son intrigue propre, son atmosphère propre, ses personnages marqués.
J'ai même eu l'impression que le récit suivant était meilleur que le précédent, ce qui un exploit quand on a déjà adoré ce qu'on vient de lire. J'ai vraiment été surprise par ce point. Ce qui m'a plu également, c'est la fin donnée à chaque nouvelle, qui ne se clôt pas de manière définitive, car on peut en effet retrouver un personnage qu'on n'a fait que croiser dans un récit précédent ; mais aussi il s'agit de fins ouvertes. Elles laissent bouche bée, elles donnent à réfléchir, ce qui peut paraître parfois frustrant, mais qui me plaît personnellement, car cela me permet de rester encore un peu en compagnie des personnages une fois ma lecture finie, à m'interroger sur les implications et la signification d'une telle fin.
La force de ce recueil réside aussi dans la plume de Jean-Philippe Jaworski. Quelle claque ! Un véritable coup de foudre ! Il manie les mots tel un orfèvre : richesse du vocabulaire, comparaisons originales, bonne connaissance de l'univers médiéval-fantastique, ...
Il maîtrise tous les styles avec brio, pouvant ainsi décrire une bataille, une errance, écrire un conte grave teinté de mélancolie, rapporter une légende rurale inquiétante, faire naître une véritable angoisse alors qu'on est au chaud dans son canapé ou dans son lit, détendre l'atmosphère avec une nouvelle humoristique, etc.
Toutes les nouvelles m'ont marquée, m'ont fait vivre des sensations différentes comme rarement un livre ne l'a fait. Je n'ai vraiment rien à redire, tout est parfait : un grand auteur à connaître !
Entrez dans le Vieux Royaume.
De Montefellòne à Ciudalia en passant par Bourg-Preux, venez en découvrir les mystères.
Et si vous croisez un certain Benvenuto : tremblez !
Mon avis :
On aura rarement fait plus lapidaire, comme quatrième de couverture, mais elle se suffit à elle-même ! Je lis le recueil des Récits du Vieux Royaume : y sont compilés les nouvelles regroupées sous le titre de Janua Vera et le roman Gagner la guerre. Faisant plus de 1000 pages au total, et lisant lentement, j'ai choisi de faire deux articles pour éviter d'attendre trop longtemps avant de donner mon avis très enthousiaste.
Voici donc mon avis sur Janua Vera.
Ces dix nouvelles se déroulent toutes dans le Vieux Royaume, un monde imaginaire aux accents parfois médiévaux, aux décors parfois méditerranéens au temps de la Renaissance. Dans tous les cas, l'ambiance est superbe et on se laisse happer à chaque fois ! Je me suis parfois fait la réflexion qu'il manquait peut-être une carte pour visualiser encore mieux l'univers, mais cela ne nuit toutefois pas à la compréhension et permet de mobiliser l'imagination de chaque lecteur.
Chaque nouvelle est différente de sa voisine, avec son intrigue propre, son atmosphère propre, ses personnages marqués.
J'ai même eu l'impression que le récit suivant était meilleur que le précédent, ce qui un exploit quand on a déjà adoré ce qu'on vient de lire. J'ai vraiment été surprise par ce point. Ce qui m'a plu également, c'est la fin donnée à chaque nouvelle, qui ne se clôt pas de manière définitive, car on peut en effet retrouver un personnage qu'on n'a fait que croiser dans un récit précédent ; mais aussi il s'agit de fins ouvertes. Elles laissent bouche bée, elles donnent à réfléchir, ce qui peut paraître parfois frustrant, mais qui me plaît personnellement, car cela me permet de rester encore un peu en compagnie des personnages une fois ma lecture finie, à m'interroger sur les implications et la signification d'une telle fin.
La force de ce recueil réside aussi dans la plume de Jean-Philippe Jaworski. Quelle claque ! Un véritable coup de foudre ! Il manie les mots tel un orfèvre : richesse du vocabulaire, comparaisons originales, bonne connaissance de l'univers médiéval-fantastique, ...
Il maîtrise tous les styles avec brio, pouvant ainsi décrire une bataille, une errance, écrire un conte grave teinté de mélancolie, rapporter une légende rurale inquiétante, faire naître une véritable angoisse alors qu'on est au chaud dans son canapé ou dans son lit, détendre l'atmosphère avec une nouvelle humoristique, etc.
Toutes les nouvelles m'ont marquée, m'ont fait vivre des sensations différentes comme rarement un livre ne l'a fait. Je n'ai vraiment rien à redire, tout est parfait : un grand auteur à connaître !
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