mercredi 30 janvier 2019

L'Héritage des Rois-Passeurs / Manon Fargetton

Quatrième de couverture :

"Ombre et Rive sont deux reflets d'une même réalité, et Énora est la seule à avoir le pouvoir de passer de l'un à l'autre. Lorsque sa famille est brutalement décimée par des assassins, elle se réfugie au seul endroit où ses poursuivants ne peuvent l'atteindre : au royaume d'Ombre, sur la terre de ses ancêtres. Là, sa route croisera celle de Ravenn, princesse rebelle de retour d'exil et bien décidée à s'emparer du trône qui lui revient de droit. Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ?"


Éditions Milady, 2016
472 pages

Mon avis :

J'ai vraiment été emballée dès le début de cette lecture. Le contact avec la sympathique famille d'Énora est si bien rendu que j'en ai oublié l'élément déclencheur de toute l'histoire. Je me suis laissée surprendre par ce passage de massacre, j'en ai été dégoûtée et j'en ai eu les larmes aux yeux, signe de l'intensité avec laquelle l'événement est relaté. Une fois le choc passé, je me suis laissée embarquer dans le reflet de notre monde, et là encore, j'ai rêvé.

Tout commençait bien, donc. Cependant, j'ai malheureusement connu un petit passage à vide vers le milieu du roman. Rien de grave, j'ai juste été perdue par certaines descriptions du processus magique dans ce monde, et du tournant que prend l'aventure. Le plus important étant que j'ai finalement retrouvé le souffle épique qui permet de finir l'aventure. En revanche, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages principaux. Je pense aussi que toutes ces remarquse sont dues à une réflexion que je me suis faite au cours de ma lecture. Son récit m'a fait penser par certains côtés à mes écrits de jeunesse, et je pense que je n'aurais pas tourné l'histoire comme elle l'a fait. Le petite baisse d'enthousiasme peut peut-être venir de là.
Quoiqu'il en soit, c'était passager, et ce roman annonce le meilleur pour le deuxième opus, Les illusions de Sav-Loar, une plongée dans l'univers des magiciennes, seulement évoqué dans L'héritage des rois-passeurs.

J'ai beaucoup aimé découvrir la plume de Manon Fargetton, dont je n'avais qu'entendu parler avant cette lecture. J'ai eu le plaisir de la rencontrer aux Halliennales 2018 (https://www.halliennales.com/), et j'ai découvert une jeune femme pleine de gentillesse et d'attentions envers ses lecteurs. Lors de cette rencontre, elle m'a aussi dit quelque chose de très vrai concernant nos lectures, une vision des choses que je partage entièrement : les lectures que l'on fait arrivent au bon moment. Aussi, ne désespérons pas devant l'ampleur de nos piles de livres : nous lisons les livres au bon moment. Ceux que nous n'arrivons pas à lire, nous ne devions peut-être pas les lire :-)

lundi 7 janvier 2019

Jane Eyre / Charlotte Brontë

Quatrième de couverture :

"Entrée comme gouvernante au manoir de Thornfield, Jane Eyre, orpheline sans beauté ni fortune, est irrésistiblement attirée par le maître des lieux, Edward Rochester. Ce ténébreux seigneur s'éprend à son tour de la jeune fille, dont la force de caractère le subjugue. Mais, lorsque les deux amants envisagent de se marier, Jane découvre le terrible secret de Rochester : leur union se voit compromise...

Retraçant le destin hors norme d'une femme qui, au cœur de l'Angleterre victorienne, s'arroge le droit d'aimer son maître, Jane Eyre connut, lors de sa parution en 1847, un succès sans précédent. Bouleversant, ravissant, scandaleux, le défi lancé à la société par ce personnage aussi intègre qu'audacieux, dont l'histoire nous rappelle que rien dans la vie n'est jamais joué d'avance, a séduit des générations de lecteurs : "Relu une partie de Jane Eyre, simplement pour ne pas oublier ce que c'est qu'un grand roman" (Julien Green)."


GF Flammarion
Traduction par Marion Gilbert et Madeleine Duvivier
Présentation, chronologie et bibliographie par Diane de Margerie
475 pages


Mon avis :

Eh non ! Encore un classique que je n'avais pas lu ! Et, chose incroyable, que je n'ai pas vu non plus. Les occasions manquent parfois. J'ai donc découvert toute l'histoire à la lecture de ce roman. Et ce fut un pur régal !
Tout est parfait, j'ai tout adoré dans ce roman. Les personnages sont véritablement développés, Charlotte Brontë prend le temps de la description sans toutefois être assommante, et l'ambiance est exquise, avec son manoir recelant une juste dose de mystère, et sa campagne typiquement anglaise : tout ce dont j'avais besoin en cette période de l'année.
Les adresses de la narratrice au lecteur sont très appréciables et donnent un réalisme supplémentaire au récit.

Le bémol à mes yeux serait l'approche de la fin où la question religieuse prend un peu trop de place. J'ai lu ce passage assez rapidement et sans vraiment le savourer. Mais quant au reste, je me suis régalée, également quand le roman prend une tournure plus sombre avec la révélation du secret de Mr Rochester.

Nul besoin de m'attarder : j'ai passé un très bon moment de lecture avec ce classique qui n'usurpe pas sa réputation de grand roman. Au programme maintenant : visionner les adaptations filmiques !

mardi 11 décembre 2018

Raison et sentiments / Jane Austen

Quatrième de couverture : (ou plutôt un extrait)


"Deux ou trois fois Elinor usa doucement de ses droits de sœur aînée et d'amie pour adresser quelques tendres exhortations à Marianne et lui faire sentir la nécessité de prendre de l'empire sur elle-même.
Mais Marianne détestait, abhorrait la dissimulation : elle la regardait comme une fausseté impardonnable, et cacher des sentiments qui n'avaient rien en eux-mêmes de condamnables lui paraissait non seulement un effort inutile, mais une ridicule prétention de la raison.
Willoughby pensait de même, et leur conduite à tous égards montrait clairement leur opinion. Quand il était présent, elle n'avait d'yeux que pour lui ; tout ce qu'il faisait était juste ; tout ce qu'il disait était charmant. Si dans la soirée on jouait aux cartes, il trichait pour la favoriser ; si l'on dansait, il était son cavalier la moitié du temps... Une telle conduite excitait, comme on le comprend, les railleries de la société, mais ils s'en embarrassaient fort peu et cherchaient plutôt à les provoquer."


 La bibliothèque du collectionneur
Traduit de l'anglais par Isabelle de Montolieu
Version révisée et postface de Hélène Seyrès
588 pages



Mon avis :

J'entre doucement dans la magie de Noël avec un bon vieux classique. Je connaissais bien sûr différentes adaptations filmées de ce récit, mais je n'avais encore jamais lu Raison et sentiments. C'est maintenant chose faite, et bien faite ! Je pense même pouvoir dire qu'il s'agit là de mon petit favori de Jane Austen :-)
Même si je connaissais donc déjà la trame principale de l'histoire, si je me souvenais de quelques rebondissements, et bien sûr si je connaissais l'heureux dénouement, je n'en ai pas moins aimé l'aborder par l'écrit.

Qui ne connaît pas l'histoire d'Elinor et Marianne, deux sœurs charmantes, parfaites sous tous rapports, mais qui connaîtront des amours perturbées, chacune à leur façon ? L'une est gouvernée par la raison, l'autre par ses passions, mais elles se rejoignent dans la façon dont elles sont trahies par les hommes qu'elles aiment. De là vont se développer deux comportements différents face à cette souffrance presque similaire, face à leur entourage (leur mère d'abord, et la société de Londres), et finalement face à ces mêmes hommes qu'elles vont être amenées à revoir, Edward Ferrars et John Willoughby.

Autour d'elles gravitent des personnages secondaires, aux caractères tout aussi stéréotypés, bien souvent agaçants et frisant le ridicule.
C'est aussi, à mon sens, ce qui fait le charme d'un roman austenien : au fond, on n'en demande pas plus, et on est bien aises d'avoir cerné un personnage rapidement. C'est l'occasion pour l'auteure de s'amuser et de tourner en ridicule certaines mœurs de son temps, en en montrant les limites. C'est souvent très drôle, et l'occasion de se rendre compte que les choses n'ont pas complètement changé avec le temps, qu'on connaît tous une commère comme Mme Jennings, un séducteur sans scrupules comme Willoughby, un ami fidèle comme le colonel Brandon, une rivale idiote comme Lucy Steele, ... La plume de Jane Austen est souvent sans pitié et donne lieu à de bons fous-rires.

Les chapitres sont assez courts, ce qui fait que la lecture peut être aisément "picorée". Mais lorsque j'ai trouvé le temps de pouvoir m'y adonner sans m'arrêter (bonus : au coin du feu !), j'ai enchaîné les chapitres à une vitesse folle, et j'ai pris conscience, plus que dans les films, que chaque étape était nécessaire au bon déroulement de l'histoire. Chose notable : aucune étape ne m'a paru trop longue, c'est l'avantage d'avoir deux personnages principaux et de pouvoir alterner les points de vue.


Les caractères opposés d'Elinor et Marianne sont explorés ici dans leur façon de faire face, chacune à leur manière, au malheur. C'est la raison qui emporte finalement la morale de cette histoire. Et bien que les traits de caractère soient bien souvent exagérés, j'ai beaucoup apprécié cheminer un temps avec ces demoiselles, souffrir avec elles, m'indigner, et finalement me réjouir de leur bonheur.

mercredi 5 décembre 2018

Beren et Luthien / J.R.R. Tolkien, édition établie par Christopher Tolkien

Quatrième de couverture :

"Découvrez l'histoire d'amour qui a donné naissance au monde du Seigneur des Anneaux et du Hobbit ! Des milliers d'années avant Aragorn et Arwen, un homme et une Elfe tentent de vivre un amour interdit et se lancent dans la plus formidable des aventures en Terre du Milieu : reprendre un trésor, le Silmaril, au terrible dieu Morgoth.

En traversant mille périls vers sa forteresse, l'Elfe Luthien nous montre que le plus grand des héros de Tolkien est une héroïne.

Ce volume contient 9 illustrations originales en couleurs d'Alan Lee, illustrateur du Seigneur des Anneaux et des Enfants de Hurin."


Christian Bourgois Éditeur
Illustré par Alan Lee
Traduit par Daniel Lauzon, Elen Riot et Adam Tolkien
217 pages


Mon avis :

J'ai gagné ce livre en octobre 2017 en jouant à un concours de l'association Tolkiendil (merciiii !). N'ayant pas encore lu Le Silmarillion, j'ai donc découvert la légende de Beren et Lùthien dans cet ouvrage qui en recense différentes versions.

Bien sûr, l'abord de ce livre peut sembler difficile, et j'ai moi-même effectivement connu des difficultés au début, lorsque Christopher Tolkien explique sa démarche et fait référence à des personnages inconnus à un lecteur novice, mais finalement le reste du texte finit par se livrer, si on s'intéresse un tant soit peu à l'histoire de la Terre du Milieu ! J'ai d'ailleurs ensuite passé un peu de temps sur l'encyclopédie de Tolkiendil (http://www.tolkiendil.com/encyclo), outil précieux dont j'ai déjà parlé dans mon retour sur Les Enfants de Hùrin.

Cette légende se situe dans le même monde disparu. Les différentes versions sont présentées, autant que possible, de manière chronologique d'écriture. C'est très intéressant de suivre l'évolution de l'histoire, de voir quels passages sont supprimés, modifiés, ajoutés...
Ce livre a été pour moi l'occasion de beaucoup me documenter sur les Elfes. Et j'ai été surprise de découvrir qu'ils avaient aussi pour certains leurs côtés sombres. Je dirais même même que c'est ce qui m'a le plus plu : certes, le Mal est incarné par Morgoth, comme dans le Seigneur des Anneaux sous les traits de Sauron, mais il a aussi d'autres émanations, plus subtiles, en chaque être.

Attendrai-je maintenant la traduction française de La Chute de Gondolin (publié en anglais au mois d'août dernier, et dont la traduction française est prévue pour avril 2019) pour terminer les trois "Grands Contes" des Jours Anciens, ou bien m'attaquerai-je finalement au Silmarillion qui les regroupe tous, de façon plus ou moins développée ?
Je ne sais pas encore dans quel ordre, mais une chose est sûre, j'ai envie de poursuivre l'aventure !

Si vous aussi souhaitez aborder l'univers tolkienien, je signale la mise en ligne de quatre émissions radio autour de l'auteur, où interviennent de brillants spécialistes. Les podcasts sont disponibles sur le site de France Culture (La Compagnie des auteurs : https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-auteurs).

mardi 27 novembre 2018

Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans tête / Washington Irving

Quatrième de couverture :

A la fin du XVIIIe siècle, un vallon ensommeillé sur les bords de l'Hudson où vit une paisible communauté d'origine hollandaise... La légende qui s'y colporte d'un fantomatique cavalier furieux vient à menacer la quiétude de ses habitants. On raconte qu'il décapite tous ceux qu'il rencontre, et lui-même serait sans tête...
Sur un ton parodique, Washington Irving (1783-1859) brocarde un rêve américain qui tourne rapidement au cauchemar. La Légende du Cavalier sans tête constitue un surprenant mélange d'enchantement et de fantastique.
Tim Burton s'est approprié cet univers pour en donner une version très noire dans son dernier film, Sleepy Hollow."


Éditions Mille et une nuits
Traduit de l'américain et notes par Alain Geoffroy
79 pages


Mon avis :

C'est par ledit film de Tim Burton que j'ai eu connaissance de cette légende. Mais, en bonne amoureuse de l'écrit que je suis, je voulais absolument en connaître la version originale. Je m'attendais bien sûr à ce que celle-ci soit fort différente du film, car il s'agit d'une petite nouvelle d'une cinquantaine de pages. Autant dire qu'il semble impossible d'y faire tenir tout ce que le film développe.
Et en effet, même en m'y attendant, j'ai été surprise. Les deux œuvres n'ont rien à voir. Si les personnages principaux du film, comme Ichabod Crane ou Katrina Van Tassel, sont présents dans la nouvelle, ils y affichent des caractères bien différents. De même, l'épisode relaté par la nouvelle n'est en fait qu'un détail dans le film réalisé par Tim Burton. Je ne dirais pas duquel il s'agit, la lecture n'est après tout pas si longue pour les curieux ;-) D'autant plus qu'elle est agréable. Me plonger dans une œuvre du 19e siècle, avec sa langue particulièrement travaillée, m'avait manqué. L'ambiance est dépaysante, typique des États-Unis du 19e siècle tels qu'on les imagine.

En conclusion, une petite lecture bien agréable, souvent drôle voire moqueuse, mais il ne faut pas y chercher tout le contenu mystique du film, qui prend la nouvelle comme base de travail pour construire une autre légende.

mercredi 10 octobre 2018

Gagner la guerre / Jean-Philippe Jaworski

Quatrième de couverture :

"Entrez dans le Vieux Royaume.

De Montefellòne à Ciudalia en passant par Bourg-Preux, venez en découvrir les mystères.

Et si vous croisez un certain Benvenuto : tremblez !"




Mon avis :

Vous l'aurez remarqué (ou pas), il s'agit de la même quatrième de couverture que pour Janua Vera, car je dispose de l'édition intégrale, regroupant les nouvelles et le roman. Mais je pense avoir donné suffisamment l'envie de lire les nouvelles par mon précédent article, sans devoir la développer davantage. Le billet qui concerne le roman sera de la même veine.

J'ai profité de mes congés d'été pour me plonger dans ce gros pavé sans avoir à le transporter trop souvent (environ 800 pages de roman seul, mais combiné au recueil de nouvelles, mon exemplaire dépasse les 1000 pages).

Nous retrouvons là les personnages rencontrés dans la nouvelle Mauvaise donne (à lire de préférence avant Gagner la guerre, puisque celui-ci se déroule un an après).
Intrigues, calculs politiques, stratégie et coups bas, voilà un petit aperçu de ce qui compose le roman. Nous suivons le personnage de Benvenuto Gesufal dans ses aventures, dans ses relations plus ou moins recommandables dans l'entourage du podestat Ducatore. Homme de main loyal finissant par être traqué et conduit à l'exil, il est un témoin privilégié de la vie politique de sa cité, et c'est son point de vue que nous adoptons.

A priori, ce ne sont pas des thèmes qui m'attirent, j'ai souvent peur de me perdre dans la masse d'informations politiques donnée. Mais la plume qui dessert ces machiavélismes est si belle et terrible que je me suis surprise à apprécier tout cela.

Et je pense que c'est une bonne chose pour moi d'avoir connu la plume de Jaworski à travers les nouvelles aux thèmes plus diversifiés, car je ne sais pas si je me serai lancée dans le roman si je ne connaissais pas la qualité de son écriture.


Sans surprise, j'ai donc bien accroché dès le début, mais je dois signaler que j'ai tout de même connu une baisse d'enthousiasme vers le milieu du récit. Peut-être était-ce dû à mon rythme de vie personnel, mes préoccupations étant principalement tournées vers l'organisation de mon mariage...
Mais cela n'en remet pas en cause la qualité globale du texte.
J'ai particulièrement apprécié les petits apartés, où Benvenuto s'adresse directement à nous, ses lecteurs, de manière plus ou moins courtoise ! Quant au surnaturel, il est présent en petites touches, ce qui ravira tout le monde, les amateurs de romans historiques comme les amateurs de fantasy !


Alors, prêt.e.s pour une plongée dans un monde sans pitié ?

mercredi 26 septembre 2018

Game of Thrones, une métaphysique des meurtres / Marianne Chaillan

Quatrième de couverture :

"Game of Thrones, la série télévisée culte, a rattrapé les livres dont elle est l'adaptation. Les fans sont plongés dans un suspense insoutenable : qui est appelé à régner sur le Royaume des Sept Couronnes ?
Pour répondre à cette question, Marianne Chaillan imagine une soirée télé avec les meilleurs experts possibles : les philosophes. Qui, selon Kant, mériterait de régner ? Qui semble le plus doué pour conquérir le pouvoir selon Machiavel ?
Pour aller plus loin, cet essai stimulant vous met à contribution : vous pourrez ainsi découvrir si vous êtes un Stark ou un Lannister, ou si Daenerys a plus de chances de régner que Cersei.
Un voyage philosophique d'Essos à Westeros aussi instructif que divertissant."


Le Passeur Éditeur, 2016
357 pages


Mon avis :

Faites de la philosophie de manière ludique ! C'est le postulat de Marianne Chaillan, elle-même professeur de philosophie, et il me paraît génial !
Si j'ai suivi une formation littéraire, je dois bien avouer que je ne me souviens pas de toutes les théories philosophiques existantes, et je suis bien incapable de relier du tac au tac un philosophe à sa pensée.

Je trouve donc que ce livre est particulièrement brillant, car il met la philosophie à la portée de tous, et illustre les concepts par des exemples concrets qui reviendront vite à la mémoire des fans de Game of Thrones. En revanche, l'auteure ne se base que sur la série télé, et s'en justifie en affirmant que la série a eu un impact sur un public plus diversifié que les livres. Attention toutefois à bien avoir vu tous les épisodes avant de se lancer dans cette lecture, car aucun secret n'est caché :-)

Qui aurait pu croire qu'un livre de philosophie pouvait être drôle ? Et pourtant, c'est le cas. Je ne l'ai pas lu comme un roman toutefois (je n'ai d'ailleurs pas lu tous les chapitres...), j'ai préféré faire des pauses, question de goût personnel.
En tout cas, j'ai beaucoup aimé ce livre, à lire en entier ou à "picorer", qui nous permet parfois de comprendre des actes qui nous ont semblé odieux, de décortiquer ce qui se passe dans la tête de certains personnages, de s'imaginer à leur place grâce à certains petits jeux de rôle, etc.

Marianne Chaillan ne se tient pas à l'univers de Game of Thrones, elle a aussi signé deux autres livres aux titres tout aussi évocateurs : Harry Potter à l'école de la philosophie, et Ils vécurent philosophes et firent beaucoup d'heureux (sur les dessins animés Disney).

Je tiens au passage à signaler l'existence de ce podcast sur France Culture : Comment la pop culture nous apprend-elle à philosopher ? (58 min.) : https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/marianne-chaillan
Véritablement intéressant et accessible, l'auteure intervient et présente ses ouvrages, agrémenté de nombreux extraits sonores. Qu'on ait l'intention de lire les livres ou non, on se rend compte qu'on vit dans la philosophie depuis toujours.