mercredi 26 septembre 2018

Game of Thrones, une métaphysique des meurtres / Marianne Chaillan

Quatrième de couverture :

"Game of Thrones, la série télévisée culte, a rattrapé les livres dont elle est l'adaptation. Les fans sont plongés dans un suspense insoutenable : qui est appelé à régner sur le Royaume des Sept Couronnes ?
Pour répondre à cette question, Marianne Chaillan imagine une soirée télé avec les meilleurs experts possibles : les philosophes. Qui, selon Kant, mériterait de régner ? Qui semble le plus doué pour conquérir le pouvoir selon Machiavel ?
Pour aller plus loin, cet essai stimulant vous met à contribution : vous pourrez ainsi découvrir si vous êtes un Stark ou un Lannister, ou si Daenerys a plus de chances de régner que Cersei.
Un voyage philosophique d'Essos à Westeros aussi instructif que divertissant."


Le Passeur Éditeur, 2016
357 pages


Mon avis :

Faites de la philosophie de manière ludique ! C'est le postulat de Marianne Chaillan, elle-même professeur de philosophie, et il me paraît génial !
Si j'ai suivi une formation littéraire, je dois bien avouer que je ne me souviens pas de toutes les théories philosophiques existantes, et je suis bien incapable de relier du tac au tac un philosophe à sa pensée.

Je trouve donc que ce livre est particulièrement brillant, car il met la philosophie à la portée de tous, et illustre les concepts par des exemples concrets qui reviendront vite à la mémoire des fans de Game of Thrones. En revanche, l'auteure ne se base que sur la série télé, et s'en justifie en affirmant que la série a eu un impact sur un public plus diversifié que les livres. Attention toutefois à bien avoir vu tous les épisodes avant de se lancer dans cette lecture, car aucun secret n'est caché :-)

Qui aurait pu croire qu'un livre de philosophie pouvait être drôle ? Et pourtant, c'est le cas. Je ne l'ai pas lu comme un roman toutefois (je n'ai d'ailleurs pas lu tous les chapitres...), j'ai préféré faire des pauses, question de goût personnel.
En tout cas, j'ai beaucoup aimé ce livre, à lire en entier ou à "picorer", qui nous permet parfois de comprendre des actes qui nous ont semblé odieux, de décortiquer ce qui se passe dans la tête de certains personnages, de s'imaginer à leur place grâce à certains petits jeux de rôle, etc.

Marianne Chaillan ne se tient pas à l'univers de Game of Thrones, elle a aussi signé deux autres livres aux titres tout aussi évocateurs : Harry Potter à l'école de la philosophie, et Ils vécurent philosophes et firent beaucoup d'heureux (sur les dessins animés Disney).

Je tiens au passage à signaler l'existence de ce podcast sur France Culture : Comment la pop culture nous apprend-elle à philosopher ? (58 min.) : https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/marianne-chaillan
Véritablement intéressant et accessible, l'auteure intervient et présente ses ouvrages, agrémenté de nombreux extraits sonores. Qu'on ait l'intention de lire les livres ou non, on se rend compte qu'on vit dans la philosophie depuis toujours.

vendredi 6 juillet 2018

La péninsule aux 24 saisons / Inaba Mayumi

Quatrième de couverture :

"Dans un paysage de mer et de falaises d'une beauté paisible, bien loin de Tôkyô, une femme en désaccord avec le monde entreprend la redécouverte d'elle-même et passe des jours heureux d'une grande douceur.
En compagnie de son chat, elle fera durant douze mois l'apprentissage des vingt-quatre saisons d'une année japonaise. A la manière d'un jardinier observant scrupuleusement son almanach, elle se laisse purifier par le vent, prépare des confitures de fraises des bois, compose des haïkus dans l'attente des lucioles de l'été, sillonne la forêt, attentive aux présences invisibles, et regarde la neige danser.
Dans ce hameau au bord du monde, l'entraide entre voisins prend toute sa valeur, les brassées de pousses de bambou déposées devant sa porte au moment de la récolte, et les visites chaleureuses à l'atelier du miel de son amie Kayoko.
Vingt-quatre saisons, c'est le temps qu'il faut pour une renaissance, pour laisser se déployer un sensuel amour de la vie."


Traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu
Éditions Philippe Picquier
236 pages


Mon avis :

J'ai commencé ce livre alors que j'avais justement besoin d'une pause, d'un bon bol d'air. Malheureusement, mon planning ne m'en a pas laissé le temps, ce qui fait que même si j'aimais ces petits et trop rares moments passés à lire, j'avais l'impression de passer à côté de quelque chose, de gâcher ce livre en quelques sortes. J'ai donc mis de côté ma lecture pour une autre, moins poétique, et l'ai recommencée lorsque j'avais un peu plus de temps à y consacrer.

C'est une lecture qui fait du bien, une lecture reposante. En effet, comme il n'y a pas véritablement d'action principale, on flâne, on se laisse porter par les événements, les saisons, les réflexions d'une femme sur sa vie, et son regard sur la nature qui l'entoure.

Mon seul regret sera de ne pas avoir eu davantage de détails quant aux vingt-quatre saisons mentionnées dans le titre. Ce concept m'a séduite, je l'ai trouvé original, et j'aurais donc naturellement voulu en savoir plus. Il s'agit d'une référence à un ancien calendrier japonais qui divisait les mois en deux, se fiant aux subtils changements climatiques qui peuvent s'opérer bien plus souvent qu'en seulement quatre saisons. Il en est un peu question, mais j'aurais aimé connaître tous ces changements et les voir retranscrits ici.
Pour le reste, le roman est dépaysant, ressourçant. J'ai déjà un faible pour ce genre de roman où le personnage a besoin de s'isoler pour se retrouver, c'est donc logiquement le cas ici aussi. J'ai trouvé l'errance de la narratrice très poétique. Cette proximité de la nature, cette entraide mutuelle entre voisins, m'ont permis de réfléchir durant ma lecture à ce qui est l'essence même de la vie. Et quand on revient à l'essentiel, les problèmes n'existent pas.
Je me suis sentie très proche de la narratrice, car sans rejeter en bloc toute civilisation (elle cite à cette occasion Thoreau, que j'ai toujours dans ma liste de lecture), elle avoue avoir besoin des deux (nature et ville), et savoir tirer parti des deux.

C'est lors d'une présentation organisée par la librairie Les Lisières (à Roubaix et Croix : https://www.leslisieres.com/) que j'ai eu connaissance de ce livre.
Si la libraire qui l'a présenté a eu l'impression d'avoir passé un semaine de vacances dans un endroit ressourçant, j'aurais pour ma part bien aimé prolonger aussi mon séjour.
Ce petit livre est à mes yeux un bonbon qu'il faut lire plusieurs fois, pour que la pause dure.

dimanche 1 juillet 2018

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea / Romain Puértolas

Quatrième de couverture :

"L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, c'est une aventure rocambolesque et hilarante aux quatre coins de l'Europe et dans la Lybie postkadhafiste, une histoire d'amour plus pétillante que le Coca-Cola, mais aussi le reflet d'une terrible réalité : le combat que mènent chaque jour les clandestins, ultimes aventuriers de notre siècle."




Mon avis :

Encore un livre assez connu que je lis tardivement. Je n'en connaissais pas l'histoire avant de m'y intéresser : ayant assisté par hasard à une partie du tournage de l'adaptation filmique à Rome, c'est à ce moment-là que j'ai commencé à m'y intéresser. J'ai donc, pour une fois, vu le film avant de lire le livre qui l'a inspiré, et comme j'ai passé un bon moment au cinéma et que j'avais envie d'une lecture assez légère, je me suis lancée ! Je ne regrette absolument pas.

Dès le début, le ton est donné : il est drôle, et l'auteur parvient à conserver ce ton humoristique sur toute la durée du livre.
Signalons tout de même quelques passages plus sérieux, qui m'ont fait réfléchir et m'ont émue. Ce sont tous les passages consacrés aux migrants, à leurs vies et leurs difficultés simplement parce qu'ils sont nés "du mauvais côté de la Méditerranée". En effet, si notre fakir est expédié de pays en pays, rappelons-nous que c'est aussi la véritable situation de certaines personnes.
C'est ce que, selon moi, fait aussi tout l'intérêt du livre : se confronter, sous couvert de l'humour, à de réelles tragédies. Sans cela, l'humour risquerait d'être trop présent et de ne plus fonctionner. De même, la rencontre avec la bonté humaine qui amène à une rédemption est bien amenée et pas trop moralisatrice.

Si j'ai été quelque peu déroutée, c'est plutôt dans ma comparaison avec le film. Celui-ci est à la fois fidèle et différent, c'est pourquoi je ne regrette pas non plus de m'être confrontée aux deux versions. Dans les deux cas, le personnage d'Ajatashatru est très attachant, d'autres sont plus exaspérants mais souvent tournés en dérision, et la happy end indique bien que le but n'est en aucun cas de se prendre la tête.

Je trouve que c'est une très bonne lecture d'été, idéale pour décompresser !

jeudi 21 juin 2018

La vérité sur l'affaire Harry Quebert / Joël Dicker

Quatrième de couverture :

"A New York, au printemps 2008, alors que l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois.

Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d'avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.

Convaincu de l'innocence de son ami, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d'écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?"




Mon avis :

Ce livre-là m'attendait depuis longtemps. Je crois n'en avoir entendu que des critiques positives, c'est peut-être la raison pour laquelle j'ai attendu le bon moment pour le lire, même si celui-ci arrive tardivement. La réputation du livre n'est plus à faire, mais je tenais quand même à m'en faire mon propre avis, surtout quand les dites critiques affirment qu'il est impossible de lâcher le livre avant d'en connaître la fin. Personnellement, je suis une grande lectrice, mais une lectrice lente, et j'arrive toujours à faire des pauses dans mes lectures. J'étais donc bien curieuse.

A priori, le sujet de ce roman n'est pas de ceux qui m'attirent. Et pourtant, il faut bien avouer qu'à aucun moment je ne me suis ennuyée. Du début à la fin, l'auteur réussit à maintenir l'attention, ce dont on pourrait douter à en juger par l'épaisseur du livre. Sur ce point, j'ai déjà été conquise.

J'ai beaucoup aimé l'alternance entre les différents temps de l'histoire, les flash-backs en 1975, voire avant, et l'action menée en 2008 à la façon d'une mise en abyme où l'on finit par se demander si on lit une histoire vraie ou non.
J'avais peur de m'y perdre au début, mais tout est maîtrisé et on reprend très vite le fil là où on l'avait laissé, même si les coupures sont frustrantes car arrivant bien souvent sur une nouvelle information, un rebondissement, un retournement de situation.

Pendant la majeure partie du roman, l'enquête suit son cours, justement dosée en révélations, humour, mystère et émotion, mais elle s'ouvre aussi sur l'univers de l'édition et des auteurs.
J'étais arrivée vers la fin, le coupable semblait démasqué, et pourtant je n'étais pas satisfaite. Cela me semblait un peu trop facile, et j'aurais pu être déçue s'il n'y avait pas eu ces énièmes rebondissements.
Sans en révéler trop, je dirais que c'est vraiment la fin qui m'a soufflée, disons les 200 dernières pages, car c'est effectivement dans cette dernière partie que je n'arrivais plus à lâcher le livre, que je me suis faite avoir, comme tant d'autres avant moi.

L'écriture est simple, mais efficace (avec notamment deux ou trois personnages détestables), le suspense est très bien mené, et le parallèle fait avec le travail d'écriture est original ; tout ceci fait que ce livre m'est quand même apparu comme une nouvelle expérience de lecture, que je recommande.

Je terminerai sur cet extrait, qui résume parfaitement le sentiment que je ressens souvent pour quasiment toutes mes lectures (sans le regret toutefois ; j'ai tellement d'autres livres et univers qui m'attendent !) :

"Un bon livre, Marcus, ne se mesure pas à ses derniers mots uniquement, mais à l'effet collectif de tous les mots qui les ont précédés. Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d'un sentiment puissant ; pendant un instant, il ne doit plus penser qu'à tout ce qu'il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer. Un bon livre, Marcus, est un livre que l'on regrette d'avoir terminé."

mardi 22 mai 2018

Druide / Oliver Peru

Quatrième de couverture :

"Les druides règnent sur une forêt primordiale et sacrée sise au cœur du monde. Détenteurs d'une sagesse millénaire, ils sont les gardiens du Pacte Ancien, dont le respect garantit la paix entre les peuples. Mais un crime de sang d'une violence inouïe met en péril le fragile échiquier politique des royaumes du Nord. Le druide Obrigan, aidé de ses deux apprentis, ne dispose que de vingt-et-un jours, pas un de plus, pour élucider les circonstances du drame, faute de quoi une guerre totale éclatera. Et tandis que le compte à rebours tourne, chaque lune apporte son lot de nouveaux cadavres, l'entraînant toujours plus loin dans l'horreur..."




Mon avis :

Déjà, je tiens à mentionner que je trouve la couverture sublime, réalisée par l'auteur lui-même. Ce qui peut s'expliquer à la lecture de sa biographie, qui le mentionne avant tout comme scénariste et illustrateur de bande-dessinées. Pour ma part, il m'était inconnu avant la lecture de ce roman, je ne serai donc pas influencée :-)

Par où commencer ?
Fidèle à la promesse faite par la quatrième de couverture, ce roman nous entraîne effectivement dans l'horreur. Niveau meurtres, j'ai été servie. A tel point que ça m'a paru parfois trop : trop de morts, trop d'invincibilité chez les ennemis, trop peu d'espoir.
Il y a énormément de morts dans ce roman, ce qui lui donne un petit côté Trône de fer, et la carte, qui figure en exergue du roman, n'est pas sans me rappeler le Nord de Westeros.


En revanche, au niveau de l'histoire, tout reste original, et surprenant. Cependant, certaines révélations sont arrivées trop tard à mon goût, de même que la véritable bataille. J'ai trouvé les personnages très originaux, ayant chacun leur part d'ombre qui est bien expliquée. Quant aux druides, je ne pense pas qu'ils soient des personnages si courants, même en fantasy, j'ai donc bien aimé côtoyer cette communauté proche de la nature.

C'est une lecture que j'ai aimée, mais qui m'a semblé un peu longue par moments. Ainsi, la véritable intrigue démarre assez tard, et traîne en longueur sur la fin. Les ennemis sont en effet du genre à ne pas se laisser tuer, mais c'était rappelé un peu trop souvent.
Pourtant, le roman partait bien, rythmé par ces 21 jours de délai. Mais il semble qu'il y ait des jours où il se passe plus de choses que d'autres.

A part ça, une lecture originale qui, je pense, s'adresse plutôt aux initiés et amateurs du genre.

Le maître des livres / Umiharu Shinohara

Quatrième de couverture :

"A la bibliothèque pour enfants "La Rose trémière", vous êtes accueillis et conseillés par Mikoshiba, un bibliothécaire binoclard célèbre pour son caractère bien trempé. Mais contrairement à ce qu'il peut laisser paraître, c'est un professionnel de premier ordre. Aujourd'hui encore, adultes comme enfants perdus dans leur vie viennent à lui en espérant trouver le livre salvateur."




Mon avis :

Une fois n'est pas coutume, parlons manga, avec cette série qui a été ma première approche de cet univers. Depuis, j'en ai lu d'autres, mais je me souviens avoir commencé avec celui-ci. J'ai donc choisi des thèmes qui me parlaient : des livres, une bibliothèque. Surprenant :-)

Chaque "chapitre" est le développement d'une petite histoire, comme un petit conte au milieu d'une plus grande histoire. Les personnages principaux restent les mêmes, nous les suivons dans leur évolution, dans la révélation de leurs secrets, mais des personnages secondaires s'invitent, d'autres partent, ... Le tout reste assez dynamique.

Quant à l'environnement, cette petite bibliothèque de quartier m'a beaucoup plu. Les thèmes abordés sont des problèmes de société (parentalité, surtout) qui finissent bien souvent par se résoudre à l'aide de la lecture de classiques de la littérature. Les lectures appropriées sont bien sûr dénichés par Mikosiba, le maître des livres, qui a toujours une histoire adaptée à la situation rencontrée.

Résultat : c'est mignon et émouvant par moments. En revanche, pour le vivre, je dois bien dire que le métier de bibliothécaire y est très idéalisé. J'aimerais beaucoup que ce manga représente la réalité, mais il en est éloigné (en France, en tout cas. Je ne connais pas la situation au Japon).
Toutefois, j'ai pu retrouver mes principes, la raison qui m'a motivée à choisir ce métier, au croisement de la littérature et de l'aide sociale. Je n'ai lu que quelques tomes, par contre, la série en comptant de nombreux, et happée pour ma part par d'autres lectures.

lundi 7 mai 2018

Sur les chemins noirs / Sylvain Tesson

Quatrième de couverture :

"Il m'aura fallu courir le monde et tomber d'un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j'ignorais les replis, d'un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides.
La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs.
Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre."



Mon avis :

Du pur Sylvain Tesson ! Cette fois, l'écrivain-voyageur reste en France, et nous prouve qu'il n'y a pas besoin d'aller très loin pour trouver des endroits sauvages et authentiques. Mais il exprime aussi son scepticisme devant la raréfaction de ces endroits.

Sous la forme d'un journal, l'écrivain nous livre ses réflexions, beaucoup de réflexions, même, au détriment du paysage qui passe au second plan. Je pense que ce livre est voulu comme une rédemption. Il l'écrit lui-même : s'il a entrepris ce voyage en France, c'est parce qu'il s'en est fait la promesse sur son lit d'hôpital après sa chute.
En effet, il est aussi beaucoup question de cette chute qui a failli lui coûter la vie et l'a plongé dans le coma. Cette marche, c'est la rééducation qu'il choisit d'entreprendre, parfois seul, parfois accompagné d'amis qui le rejoignent pour un bout de chemin. Mais là encore, pas trop de développement : le cheminement se fait souvent en silence.

En trois mois environ, Sylvain Tesson a parcouru la France de la frontière italienne aux falaises de la Manche, et donne envie de faire la même chose.
Par moments, cette lecture m'a fait penser à Wild, de Cheryl Strayed (http://mariannabooks.blogspot.fr/2016/07/wild-cheryl-strayed.html), lorsqu'il raconte ses difficultés et son quotidien. La marche et la nature apparaissent encore une fois comme une libération, une délivrance.


La plume poétique de Sylvain Tesson livre donc aussi ses idées et ses regrets au sujet de l'aménagement du territoire, de la mondialisation, des écrans, de la religion, de la nature et de la ruralité (les campagnes et ses petits villages).
Souvent d'accord avec lui, je ne peux que donner un avis positif sur ce livre. Vite, un autre ! ;-)