samedi 19 novembre 2016

Putain de chat / Lapuss'

Quatrième de couverture :

La vérité sur les chats enfin révélée !




Mon avis :

La quatrième de couverture en dit beaucoup en peu de mots. La couverture, arborant ce regard félin perçant, est elle aussi très explicite. Les chats ne sont peut-être pas aussi mignons qu'on le croit.

Ce petit livre parlera beaucoup aux personnes qui hébergent un chat. Vous apprendrez par exemple pourquoi votre petit compagnon à poils vous rapporte des souris mortes, pourquoi il gratte à la vitre ou miaule sans raison, pourquoi il se couche sur votre lit, ou bien sur vous quand vous êtes malade.

Le trait est simple et efficace, sans fioriture, et correspond bien au texte : un gag à chaque page. Car oui, rassurons-nous, le petit ouvrage prend tout ça à la rigolade, et c'est très réussi car tout tient la route. Moustique est un petit monstre au langage grossier qu'heureusement les humains ne comprennent pas.

A force de lire des extraits hilarants de cette BD sur Facebook ( http://www.facebook.com/putaindechatlapuss ), j'ai sauté le pas et acheté le livre. Il est très vite lu, et je ne le regrette pas.
Qu'on le lise de la première à la dernière page, ou en l'ouvrant au hasard, le résultat est toujours le même : on rit et ça fait du bien.

Harry Potter and the cursed child / John Tiffany & Jack Thorne (based on an original new story by J.K. Rowling)

Quatrième de couverture :

"The eighth story.
Nineteen years later."

(La huitième histoire.
Dix-neuf ans plus tard.)




Mon avis (lecture en anglais) :

Quatrième de couverture assez lapidaire, mais les fans n'en auront pas besoin de plus. Il se trouve que je suis une fan de la saga Harry Potter, il était évident que j'allais lire cette nouvelle histoire. Cependant, les critiques ont commencé à se multiplier dès la première représentation de la pièce, et je crains de m'être laissée influencer : ce n'est pas une véritable histoire de J.K. Rowling, cela ressemble à une fanfiction, etc.
Je n'ai pas pris la peine de beaucoup me documenter sur la véritable implication de J.K. Rowling dans la pièce ; si quelqu'un en sait plus que moi et veut éclairer ma lanterne, ce sera avec plaisir.
Pour ma part, j'ai eu l'occasion d'emprunter ce livre à la bibliothèque où je travaille, mais je ne pense pas l'acheter pour rejoindre les autres tomes. Voilà pourquoi.

Dès le commencement de la lecture, il y a de quoi être déstabilisé. Impossible de lire ce livre sans avoir connaissance des autres au préalable. Pièce de théâtre oblige, les décors ne sont décrits que sommairement, et les personnages ne sont pas introduits, il faut donc bien les connaître. On poursuit l'histoire là où on l'avait laissée.
Mais ce qui m'a le plus dérangée, c'est finalement la forme choisie : qui dit théâtre dit forcément dialogues. Il m'a manqué le côté magique de la narration (mais ceci est un goût personnel !). Je me suis toutefois habituée au fil des pages, et quelques répliques de Ron m'ont quand même fait rire.

J'ai plutôt bien aimé l'histoire, en dépit de quelques moments de doute que j'ai eu un peu de difficultés à me représenter (et que je ne peux malheureusement pas révéler sans risquer d'en dire trop pour ceux qui ne l'auraient pas encore lu). C'est une jolie illustration des inter-relations passé-présent et de la destinée.

Paradoxalement, je trouve que l'histoire repose justement un peu trop sur le passé, comme si la seule matière légitime se trouvait dans les histoires précédentes. J'étais bien sûr heureuse de retrouver certains personnages, mais à la fois, cela aurait pu être intéressant de s'en éloigner un peu plus, de créer véritablement une nouvelle histoire.

Enfin, le titre est bien trouvé, l'enfant maudit pouvant désigner plusieurs personnes qui forment le coeur de la pièce.

Pour finir, je suis contente de l'avoir lu et d'avoir pu me forger mon propre avis (mitigé). Comme je le disais, je ne l'achèterai pas car je ne pense pas le relire une prochaine fois (les 7 tomes se suffisent à eux-mêmes), mais je serais tout de même curieuse de voir ce que donne la pièce jouée (beaucoup de décors se succèdent, ça m'intrigue).
J'ai malgré tout apprécié de me replonger dans cet univers qui m'est familier depuis le collège, perdant quelques repères, en retrouvant certains, me donnant envie de relire les derniers tomes (ceux que je n'ai lu qu'une fois !).

mardi 18 octobre 2016

Petit traité sur l'immensité du monde / Sylvain Tesson

Quatrième de couverture :

"Sylvain Tesson parcourt le monde. Dans les steppes d'Asie centrale, au Tibet, dans les forêts françaises ou à Paris, il marche, chevauche, escalade, bivouaque dans un arbre ou sous un pont, construit des cabanes. Cet amoureux des reliefs poursuit le merveilleux et l'enchantement. Dans nos sociétés de communication, il en appelle à un nouveau nomadisme, à un vagabondage joyeux.
Ce Petit traité sur l'immensité du monde est un précis de désobéissance naturaliste, une philosophie de poche buissonnière, un récit romantique contre l'ordre établi."




Mon avis :

J'aime déjà Sylvain Tesson pour avoir lu Dans les forêts de Sibérie. J'admire l'aventurier qui met en récit ses expériences de l'autre bout du monde comme à côté de chez lui. Je ne serai donc peut-être pas assez objective ;-) Une de mes prochaines lectures sera d'ailleurs Sur les chemins noirs, son dernier livre. J'ai beaucoup aimé l'écouter en parler dans l'émission La grande librairie.

Est-ce donc utile de préciser que j'ai adoré lire ce petit livre ? Il n'est en rien une fiction, mais un précis qui nous livre différents aspects de la vie du voyageur. Mais pas n'importe quel voyageur : le wanderer, d'après le concept établi par les Romantiques allemands.
Chaque petit chapitre (c'est un petit livre, qui se lit très vite d'autant plus qu'il est bien écrit !) est consacré à un aspect qu'apporte le voyage : la liberté, la maîtrise du temps, le rapport au corps, à la géographie, etc. Ils sont un mélange de vérités, de retours d'expériences, de confidences. L'ouvrage se conclut sur un très bel hommage aux forêts et à la solitude et préfigure, selon moi, le départ de l'auteur pour les rives du lac Baïkal (Dans les forêts de Sibérie).

Il est tellement adapté à tous que j'y ai lu des lignes qui m'ont permis de faire le lien avec Wild, de Cheryl Strayed, une lecture dont j'ai traité ici : sur le rapport au corps, sur la raison pour laquelle on marche (qui n'est pas la même pour tous).

En bref, j'ai adoré. Ce livre est une petite perle à garder sur soi et à lire et relire autant de fois que nécessaire. Encore mieux, je l'ai parfois lu sur fond de musique d'une artiste chère à mon coeur, Cécile Corbel, dont le dernier album s'intitule justement... Vagabonde.
Quel beau cadeau ! Magnifique !

"Vivre, c'est faire de son rêve un souvenir." (S. Tesson)

Les pirates : forbans, flibustiers, boucaniers et autres gueux de mer / Gilles Lapouge

Pour ce billet, j'ai envie de reprendre exceptionnellement un billet que j'ai publié à l'époque sur un autre blog, In Quarto, à l'époque où je travaillais dans les bibliothèques de Paris-Sorbonne.




« Dieu tout-puissant ! Il y a
dans toute chose mauvaise
une essence de bien pour les hommes
qui savent la distiller. »

C’est sur cet extrait de Henry V de Shakespeare que s’ouvre l’ouvrage. Gilles Lapouge a pour ambition de lever le voile sur la vie réelle qu’ont mené les « forbans, flibustiers, boucaniers et autres gueux de mer » en s’appuyant sur des écrits véridiques et non sur les mythes construits par la littérature et les films.

Force est de constater que les sources sont peu nombreuses. Reviennent régulièrement comme références les écrits d’Exmelin, d’Avery, de Philip Gosse, … Dans le domaine littéraire, Defoe, Borges, Stevenson, Conrad et Melville se démarquent par la fidélité de leurs ouvrages à la réalité.
Mais, de la même façon qu’ils ne vouaient aucun culte au corps après le trépas, leurs vies et œuvres n’avaient pas vocation à passer à la postérité : « Les forbans ont choisi le néant ou la résurrection, non la confuse survie des épitaphes. »

En effet, choisir la piraterie était un véritable choix de vie. Cela signifiait abandonner sa terre natale sans espoir d’y revenir, et par conséquent abandonner sa famille. C’est un choix qui se faisait par révolte, par colère. Car c’est aussi contre la société dans son entier que le pirate se place. Face à elle, certains ont tenté de donner vie à leurs rêves utopistes. Ces êtres sortis de l’Histoire et du temps en quittant la terre se vouaient à une vie courte, si bien qu’ils acceptaient de mourir sans appréhension. Ils l’acceptaient même dès qu’ils décidaient de rejoindre les rangs des révoltés, comme le fit remarquer Mary Read lors de son jugement : c’est l’acceptation de sa propre mort au cours d’une bataille ou au bout d’une corde qui permettait de distinguer les véritables assoiffés de liberté.

Dans cet ouvrage, vous pourrez découvrir des figures particulières de la piraterie, comme les célèbres Rackham, Black Beard, ou les rares femmes pirates que sont Ann Bonny et Mary Read.
Sont aussi rétablies, entre autres, des vérités sur les tenues ; les rapports avec les femmes, et avec la mer, espace infini tandis qu’une microsociété régie par un règlement strict se crée dans l’espace clos du navire ; leur vision de l’or, purement substantielle. Par exemple, il apparaît que, si les pirates s’en prenaient principalement aux navires marchands, c’était aussi pour leur signification symbolique, la représentation de la société abhorrée.

J'ai dévoré ce petit livre consacré à un thème que j'affectionne, que je relirais volontiers, et qui m'a rappelé par moment le roman pour la jeunesse Mary tempête, par Alain Surget, qui a toujours une bonne place dans ma bibliothèque.

lundi 10 octobre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers / Ransom Riggs

Quatrième de couverture :

"Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l'avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d'un orphelinat pour enfants "particuliers". Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d'enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des "Monstres".
Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s'enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l'île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n'a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s'ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela paraisse..."




Mon avis :

J'ai été très intriguée par ce roman au moment de sa sortie. Pourtant, je viens seulement de le lire. Pourquoi pas plus tôt ? Je devais craindre d'être déçue, sans doute... Et le suis-je aujourd'hui ? Pas du tout ! L'élément déclencheur de ma lecture a été, je l'avoue, son adaptation au cinéma par Tim Burton. Voyant la bande-annonce, ce livre s'est rappelé à mon bon souvenir. Le moment était venu. Et surtout, je voulais le lire avant d'aller le voir.

Dès les premières pages, l'ambiance est fidèle à ce qu'on peut en attendre : particulière. J'ai même été par moments mal à l'aise, les photos en illustration contribuant grandement à ce sentiment.

L'intrigue est très prenante, mystère et énigmes se succèdent en laissant tout juste le temps de s'imprégner du décor et de l'ambiance. J'ai vraiment bien aimé cette ambiance à la fois fantastique, chargée d'histoire, dangereuse, qui collera très bien, je pense, à l'univers de Tim Burton dans l'adaptation ciné.
Le niveau de lecture peut être littéral, c'est alors un très bon roman pour la jeunesse (plutôt ado), ou bien ouvrir sur des réflexions plus larges à propos du nazisme, du temps qui passe, des relations familiales. Dans tous les cas, c'est toujours un très bon roman !

Il me reste à présent à découvrir l'adaptation au cinéma et... à lire la suite ! (une de mes surprises, au milieu des nombreux autres retournements de situation : l'histoire ne s'arrête en effet pas là !)

dimanche 28 août 2016

Un bûcher sous la neige / Susan Fletcher

Quatrième de couverture :

"Au coeur de l'Écosse du XVIIe siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Dans le clair-obscur d'une prison putride, le révérend Charles Leslie, venu d'Irlande, l'interroge sur les massacres dont elle a été témoin. Depuis sa geôle, la voix de Corrag s'élève au-dessus des légendes de sorcières et raconte les Highlands enneigés, les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse. Jour après jour, la créature maudite s'efface. Et du fond de sa cellule émane une lumière, une grâce, qui vient semer le trouble dans l'esprit de Charles."




Mon avis :

À première vue, le thème abordé m'a plu. Mais il m'a aussi mise en garde : une histoire de jeune fille si proche de la nature qu'elle en est accusée de sorcellerie, je craignais que ce soit du déjà vu. Mais je me suis lancée dans la lecture, par envie et curiosité.
Verdict : je dois bien avouer que je me suis laissée happer par l'histoire.

L'écriture, d'abord. L'auteur a choisi un style particulier, un mélange d'écriture épistolaire et de monologue. Celui-ci a la particularité de coller au style oral, ce qui tient fortement en haleine lors des actions, et donne libre court à l'imagination lors des descriptions. Je n'en dirais pas tant des lettres attribuées au révérend, qui sont souvent construites sur le même modèle. Elles se répètent un peu mais ont l'avantage de présenter un autre point de vue.

Quant à l'histoire, je n'ai pas été déçue. Les personnages sont attachants, et j'ai pu découvrir l'histoire des massacres de Glencoe que j'ignorais totalement jusqu'alors. J'ai fait une recherche rapide juste après avoir lu la dernière page ! J'étais vraiment curieuse de savoir si le roman était inspiré d'une histoire vraie et il semblerait que ce soit le cas.

J'ai passé un très bon moment (estival) avec cette lecture (hivernale) ! Il y a de très beaux passages qui m'ont transportée aussi bien dans les Highlands qu'en moi-même. Si Corrag affirme avoir vécu plusieurs vies, à la fin de ma lecture j'ai mené une petite introspection avant de réaliser que, comme elle, j'ai moi aussi vécu plusieurs vies (valable pour tout le monde) !

mardi 2 août 2016

La maison sur le rivage / Daphné Du Maurier

Quatrième de couverture :

"En Cornouailles, dans une très ancienne demeure, un homme cède à la tentation de vérifier les effets d'une nouvelle drogue mise au point par un savant réputé. C'est le début d'un long voyage, au cours duquel il va se retrouver plongé dans un passé vieux de six siècles. Mais les troublantes scènes dont il va être le témoin invisible sont-elles pure illusion ? Les personnages qu'il croise ne sont-ils que des fantômes nés de son imagination ?
Maniant avec une habileté diabolique la tension psychologique et le suspense, Daphné Du Maurier trame une incroyable histoire hantée où hallucination et réalité, passé et présent finissent par se recouper étrangement.
Dans ce roman, un des classiques de Daphné Du Maurier, le lecteur retrouvera avec bonheur le mystère de Rebecca, le climat angoissant de Ma cousine Rachel, l'aventure de L'Auberge de la Jamaïque..."




Mon avis :

Même si je n'avais lu de cette auteure que son classique Rebecca (très apprécié)*, j'ai en effet bien retrouvé, dans La Maison sur le rivage, un style et un univers qui lui appartiennent et qu'elle a su marquer de son empreinte.

Ce roman commence comme un roman fantastique mêlé d'historique, et se mue au fil des pages en roman policier (de même que Rebecca). C'est, à mes yeux, un bon point car il me semble lire deux romans en un. Je dois avouer m'être un peu perdue lors d'un voyage dans le temps, du fait de personnages un peu trop nombreux, que je n'arrivais plus à me représenter et à replacer dans leur univers. Mais ce n'est pas du tout le plus important, et cela ne m'a pas bloquée dans ma lecture, que je qualifierais de fluide même en dépit de ce petit problème rencontré. La multiplicité des intrigues permet de passer au-dessus.

Au niveau des personnages, je me suis bien plus attachée (et ai été plus marquée) par les personnages de Rebecca, que par ceux de La Maison... : ils me reviennent à l'esprit rien qu'à l'évocation du titre, mais peut-être est-ce aussi dû à une adaptation filmée vue quelques temps après lecture. J'ai d'ailleurs de loin préféré ma lecture à cette mini-série.

Quoi qu'il en soit, ces deux romans (Rebecca, et La Maison...) m'ont laissé un bon souvenir, puisque j'en viens à écrire un article à leur sujet alors que ma lecture date d'il y a quelques années.

C'est principalement l'ambiance, angoissante mais tout de même attirante, que je retrouve dans ses livres qui fait de Daphné Du Maurier une de mes auteures préférées, et une des rares, avec Agatha Christie, à me faire apprécier le style policier.


* Petit résumé de Rebecca, figurant à la fin de mon exemplaire de La Maison... : "A Manderley, somptueuse demeure de l'ouest de l'Angleterre, le souvenir de celle qu'elle a remplacée s'impose à la jeune femme que vient d'épouser Maxim de Winter. Rebecca, morte noyée, continue d'exercer sur tous une influence à la limite du morbide."